Les marchés de l’énergie affichent une divergence marquée à l’approche de fin 2025 : le pétrole brut se maintient dans une relative stabilité tandis que les prix du gaz naturel connaissent une volatilité accrue, tirée par les prévisions météorologiques et les tensions géopolitiques.
Au 17 novembre 2025, le prix du baril de pétrole West Texas Intermediate (WTI) oscillait autour de 60 dollars (environ 55 euros), affichant une résilience notable même après une brève interruption des exportations russes via le terminal de Novorossiysk. Cette stabilité s’explique en grande partie par une offre mondiale abondante, estimée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à environ 106,3 millions de barils par jour en moyenne pour l’année 2025.
La demande, quant à elle, ne devrait croître que d’environ 0,7 million de barils par jour, ce qui contribue à limiter les hausses de prix. Les États-Unis jouent un rôle prépondérant dans ce contexte, avec une production atteignant un record de 13,6 millions de barils par jour en juillet, un niveau retrouvé fin octobre. Cette production américaine soutenue, combinée à une logistique efficace, a permis de maintenir une fourchette de prix relativement stable pour le brut.
Les analystes prévoient donc un potentiel de hausse limité pour le WTI en 2025, à moins que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés (OPEP+) ne décide de réduire l’offre de manière inattendue, ou que la demande mondiale ne s’accélère de manière significative.
Le gaz naturel, en revanche, suit une trajectoire bien différente. Les contrats à terme du Henry Hub se négociaient autour de 4,52 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu) au 17 novembre, en hausse d’environ 33 % par rapport au mois précédent. Cette flambée est directement liée aux prévisions d’un hiver 2025-2026 plus froid que la moyenne, qui devraient entraîner une augmentation de la demande résidentielle et commerciale américaine d’environ 1,6 milliard de pieds cubes par jour.
Par ailleurs, l’Europe continue de s’adapter à la diminution des livraisons de gaz russe par gazoduc, en baisse d’environ 45 % par rapport à début 2025. Cette situation met en lumière l’importance du gaz naturel liquéfié (GNL), avec des exportations américaines atteignant un record de plus de 10 millions de tonnes en octobre.
Les niveaux de stockage européens, bien que proches des normes saisonnières (entre 82 % et 85 % début novembre), restent inférieurs aux sommets exceptionnels de l’année précédente, laissant peu de marge de manœuvre en cas de baisse rapide des températures. La saisonnalité joue également un rôle important, le gaz ayant tendance à augmenter de sa valeur entre octobre et janvier, mais la vitesse de cette hausse est particulièrement marquée en 2025.
En résumé, le pétrole bénéficie d’une offre abondante et d’une demande prévisible, tandis que le gaz naturel est plus sensible aux fluctuations à court terme liées à la météo, à la géopolitique et aux dynamiques de l’offre. Pour les traders surveillant le rapport entre le WTI et le NGAS, le pétrole apparaît de plus en plus comme un actif stable, tandis que le gaz porte l’essentiel de la volatilité du marché.
À l’avenir, un hiver plus rigoureux pourrait encore accentuer la pression sur les prix du gaz naturel, l’utilisation des exportations de GNL aux États-Unis étant déjà proche de ses limites. Concernant le pétrole, l’OPEP+ demeure le seul facteur susceptible de perturber le calme actuel.
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