Home AffairesDollar américain : les données reprennent le volant

Dollar américain : les données reprennent le volant

by Amélie Bernard

Les marchés financiers semblent pour l’instant ignorer les tensions géopolitiques, se concentrant désormais sur les prochains indicateurs économiques qui devraient guider les échanges dans les jours à venir. L’attention se porte particulièrement sur les données américaines, avec un risque de pression à la baisse sur le dollar si les chiffres s’avèrent décevants.

L’impact des événements au Venezuela et les spéculations autour du Groenland se sont estompés, les investisseurs privilégiant une approche plus optimiste après le jour férié. Le dollar a légèrement progressé hier, mais cette hausse serait davantage liée à des flux de capitaux saisonniers et à une légère augmentation des taux de swap qu’à des préoccupations géopolitiques. À moins d’une escalade des tensions concernant le Groenland ou d’une nouvelle intervention américaine au Venezuela, les données économiques devraient reprendre le dessus.

Aujourd’hui, les indices ISM des services sont attendus, mais les publications d’ADP sur l’emploi (consensus à 50 000 créations d’emplois) et de JOLTS seront déterminantes pour l’évolution des marchés. Il est à noter que les chiffres de l’emploi ADP ont souvent déçu par rapport aux attentes ces derniers mois. Compte tenu d’une vision prudente du marché du travail américain, les données à venir pourraient exercer une pression à la baisse sur le dollar.

Néanmoins, la perspective à court terme reste neutre à légèrement positive pour le billet vert.

Concernant la zone euro, l’inflation a ralenti à 1,8 % sur un an (2,0 % selon l’indice harmonisé de l’UE), confirmant une tendance à la désinflation qui s’étend au-delà des effets de base, touchant les loisirs, l’habillement et l’alimentation. Une nouvelle estimation flash de l’inflation de la zone euro, attendue aujourd’hui, pourrait afficher un chiffre inférieur à 2,0 % (le consensus est à 2,0 %). Cependant, le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) devrait rester inchangé à 2,4 %, et une baisse plus marquée serait nécessaire pour relancer les appels à une politique monétaire plus accommodante.

Pour l’instant, les implications sur les attentes en matière de taux de la BCE devraient être limitées, à moins que l’inflation ne commence à s’éloigner de manière significative et durable de l’objectif de 2 %. Dans ce contexte, l’économie de la zone euro pourrait continuer à être largement influencée par l’évolution du dollar américain.

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