Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une étude canadienne révèle qu’un don de rein vivant chez les hommes peut entraîner, dans certains cas, un gonflement scrotal nécessitant une intervention chirurgicale, soulignant l’importance d’une information complète des donneurs potentiels.
- Près d’un homme sur huit ayant fait un don de rein vivant en Ontario a dû subir une opération pour corriger un gonflement du scrotum.
- Les chercheurs insistent sur le fait que cette complication ne doit pas dissuader du don d’organes, mais qu’elle doit être prise en compte.
- L’étude suggère que les systèmes de santé devraient couvrir les coûts de cette chirurgie et explorer des techniques chirurgicales alternatives pour minimiser le risque.
Le don d’un rein est un acte de générosité vital pour les personnes souffrant d’insuffisance rénale. Bien que considéré comme une procédure sûre, une nouvelle recherche met en lumière un effet secondaire potentiel chez les donneurs masculins : une accumulation de liquide autour des testicules, connue sous le nom d’hydrocèle. Cette complication, bien que rarement grave, peut nécessiter une intervention chirurgicale.
Des scientifiques ont analysé les dossiers médicaux de près de 900 hommes ayant fait un don de rein vivant entre avril 2002 et mars 2023 dans la province de l’Ontario, au Canada. Ils ont comparé leur taux de chirurgie scrotale à celui d’un groupe témoin d’hommes de même âge et présentant des profils similaires qui n’avaient pas fait de don. Les résultats, publiés lundi dans la revue Annales de médecine interne, montrent qu’environ 8 % des donneurs ont subi une telle intervention, contre seulement 0,2 % dans le groupe témoin.
La majorité des opérations (plus de 90 %) visaient à traiter une hydrocèle. Les chercheurs estiment qu’environ 14 % des hommes qui donnent un rein auront besoin d’une chirurgie scrotale dans les 20 prochaines années, comparativement à un taux de 1 sur 143 pour les non-donneurs. Ils prévoient également qu’environ 30 % des donneurs masculins pourraient nécessiter une échographie du scrotum à un moment donné.
L’hydrocèle se manifeste par un gonflement indolore du scrotum, causé par l’accumulation de liquide autour du testicule. Dans certains cas, elle peut disparaître d’elle-même, notamment chez les enfants. Cependant, chez les adultes, elle a tendance à persister et peut provoquer un inconfort significatif. Le traitement peut aller de l’observation à l’aspiration du liquide ou, dans les cas les plus sévères, à une intervention chirurgicale pour drainer ou retirer l’hydrocèle.
Les chercheurs soulignent que ces résultats ne remettent pas en question la sécurité globale du don de rein vivant. Ils insistent sur le fait que le don d’un rein n’affecte pas significativement l’espérance de vie du donneur. Ils appellent toutefois à une meilleure information des donneurs potentiels et actuels sur ce risque spécifique.
« Les donneurs, passés et futurs, doivent être informés du risque afin qu’ils connaissent les symptômes à surveiller après le don »,
Auteurs de l’étude
Ils suggèrent également que les systèmes de santé devraient prendre en charge les coûts de la chirurgie scrotale si elle s’avère nécessaire et envisager des modifications des techniques chirurgicales pour réduire le risque d’hydrocèle. La néphrectomie laparoscopique, la technique chirurgicale la plus couramment utilisée pour le don de rein, implique de petites incisions dans l’abdomen et est considérée comme moins invasive que la chirurgie ouverte.
Les chercheurs concluent que des mesures doivent être prises pour préserver cette pratique essentielle, qui offre une seconde chance de vie à de nombreux patients. Ils soulignent que le don de rein profite non seulement au receveur, mais aussi au donneur, à sa famille et à la société dans son ensemble.
Cet article a été traduit de Gizmodo US par Romina Fabbretti. Vous pouvez trouver la version originale ici.
