Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une vaste étude séro-épidémiologique menée en Corée du Sud a permis d’évaluer l’évolution des anticorps contre le SARS-CoV-2 et de surveiller les réinfections, en tenant compte de l’émergence de nouveaux variants et des campagnes de vaccination.
- Entre août 2022 et décembre 2022, près de 10 000 participants ont été inclus dans l’étude K-SEROSMART, permettant d’analyser la prévalence des anticorps et l’incidence des infections.
- L’étude a révélé une corrélation entre les niveaux d’anticorps anti-S et la protection contre les nouvelles infections, tout en soulignant l’importance de la vaccination pour maintenir une immunité efficace.
- Les résultats de K-SEROSMART fournissent des données précieuses pour adapter les stratégies de santé publique et surveiller l’évolution de la pandémie de COVID-19.
L’étude K-SEROSMART (Korea seroprevalence study of monitoring of SARS-COV-2 antibody retention and transmission) a été menée en deux phases. La première vague, réalisée entre le 12 août et le 5 septembre 2022, a impliqué un échantillon représentatif de 5 041 foyers, soit un total de 9 945 personnes. Cette phase initiale visait à établir une base de données sur la prévalence des anticorps contre le SARS-CoV-2 dans la population coréenne. Les participants ont fourni des échantillons de sérum et répondu à un questionnaire détaillé.
La deuxième vague, menée en décembre 2022, constituait une enquête de suivi auprès des mêmes participants que la première vague. Ce choix de calendrier était stratégique, car il coïncidait avec l’émergence de sous-lignées de BA.5 (BF.7 et BQ.1) et le lancement de la campagne nationale de vaccination bivalente contre la COVID-19. L’objectif était d’évaluer les changements à court terme dans les titres d’anticorps et de surveiller les potentielles réinfections.
Pour assurer un taux de suivi élevé, les participants ont été contactés par différents moyens : courriels d’invitation, messages multimédias (MMS) contenant un lien vers un questionnaire en ligne, appels téléphoniques et visites à domicile. Les échantillons de sang ont été analysés pour détecter la présence d’anticorps anti-S et anti-N à l’aide d’un test immunologique par électrochimiluminescence. Les prélèvements ont été effectués dans 258 centres de santé publique et 130 cliniques médicales, avec une formation spécifique du personnel pour garantir la standardisation des procédures.
Au total, 7 528 personnes ont participé à la deuxième vague de K-SEROSMART. Les participants ont été exclus de l’analyse s’ils refusaient de participer à l’enquête (n=406) ou s’ils n’ont pas pu fournir d’échantillon sanguin (n=892). Une cohorte de 6 837 individus a été analysée pour évaluer l’association entre les titres d’anticorps anti-spike et les nouvelles infections au COVID-19. Parmi les 7 528 participants, 136 n’ont pas pu être mis en correspondance avec les données de l’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies (KDCA) et 493 avaient des antécédents d’infection confirmée après vaccination, ce qui aurait pu biaiser les résultats. De plus, 62 individus présentant un titre d’anticorps anti-S inférieur à 0,8 U/ml ont été exclus, ce seuil étant considéré comme indicatif de la présence d’anticorps.
Les données de l’étude ont été utilisées pour estimer l’incidence cumulée de l’infection par le SARS-CoV-2 en fonction des niveaux d’anticorps anti-S. Les résultats ont été pondérés pour tenir compte de la répartition par âge et sexe de la population coréenne en novembre 2022, en utilisant des méthodes statistiques appropriées. L’analyse a été réalisée à l’aide du logiciel SAS (version 9.4) et un seuil de significativité de 0,05 a été appliqué.
L’étude a été approuvée par le Comité d’examen institutionnel de la KDCA et a été menée conformément à la loi sur la bioéthique. Tous les participants ont été informés de l’objectif et du déroulement de l’étude et ont donné leur consentement écrit.
Pour plus d’informations sur les méthodes de laboratoire, vous pouvez consulter l’article original.
