Publié le 24 octobre 2025 à 07h19. L’Irlande se dirige vers l’élection d’une présidente de gauche, Catherine Connolly, dont les déclarations controversées sur l’Allemagne suscitent l’interrogation, tandis que le parti Sinn Féin espère capitaliser sur ce résultat.
- Catherine Connolly, candidate indépendante, est largement en tête des sondages pour l’élection présidentielle irlandaise de ce vendredi.
- Ses comparaisons entre la politique de défense allemande actuelle et le réarmement nazi ont provoqué une vive polémique.
- Le Sinn Féin, principal parti d’opposition, soutient sa candidature et voit en elle une opportunité de renforcer son influence politique.
La campagne présidentielle irlandaise, passée relativement inaperçue en Allemagne, touche à sa fin. Les électeurs irlandais sont appelés à choisir entre Catherine Connolly, une députée indépendante aux positions marquées à gauche, et Heather Humphreys, une candidate plus modérée issue du parti Fine Gael. L’élection intervient après l’élimination précoce de la candidate du parti Fianna Fáil, ancienne joueuse et manager de football gaélique.
La candidature de Connolly a été marquée par des déclarations controversées concernant l’Allemagne. Lors d’un meeting en septembre, elle a affirmé que Berlin tentait de relancer son économie « à travers le complexe militaro-industriel ». Elle a ensuite assimilé la politique de défense allemande actuelle au réarmement de l’Allemagne nazie, déclarant devant des étudiants à Dublin :
« Il me semble qu’il existe des parallèles avec les années 30. Je ne veux pas vous déprimer. Il y a de l’espoir. Et nous avons des voix. Et nous pouvons les utiliser. »
Catherine Connolly, députée indépendante
Interrogée sur ces propos, Connolly n’a pas démenti ses comparaisons, préférant évoquer les États-Unis et dénoncer les « abus de pouvoir » où qu’ils se produisent. L’Irlande, bien que membre de l’Union européenne, ne fait pas partie de l’OTAN et maintient une politique de neutralité.
Le journaliste et auteur Fintan O’Toole a commenté dans le Irish Times que Connolly devrait « garder son Basil Fawlty intérieur » sous contrôle, en référence au personnage maladroit et gaffeur de la série télévisée Fawlty Towers. Il a souligné l’importance de ne pas offenser un allié européen clé comme l’Allemagne, qui a soutenu l’Irlande dans les négociations post-Brexit.
Les relations diplomatiques entre l’Irlande et l’Allemagne sont traditionnellement bonnes, et il est peu probable que l’élection de Connolly remette en question cette entente. Le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeier, s’est d’ailleurs rendu en Irlande pour une visite d’État en 2023.
Le Sinn Féin, le plus grand parti d’opposition irlandais, soutient activement la candidature de Connolly. Bien que les partis de gauche soient minoritaires au Parlement, une victoire de Connolly est considérée comme probable. Le Sinn Féin espère ainsi consolider son influence en vue des prochaines élections législatives, prévues au plus tard en 2030.
La campagne d’Heather Humphreys, la candidate conservatrice, a été jugée terne par les médias irlandais. Elle a eu du mal à convaincre les électeurs, notamment en raison de ses difficultés avec la langue irlandaise, un élément important de l’identité nationale. Humphreys a promis d’améliorer son irlandais, comme elle l’avait fait lors de son précédent mandat ministériel.
Connolly, quant à elle, parle couramment l’irlandais et a annoncé sa candidature sur une radio de langue irlandaise. Elle est perçue par de nombreux observateurs comme une candidate rafraîchissante et potentiellement présidentielle.
Humphreys a également adopté une position prudente sur la question de la réunification irlandaise, se contentant de proposer de tendre « une main d’amitié » aux unionistes d’Irlande du Nord. Connolly, en revanche, a affirmé que la réunification était une « fatalité ».
Les bureaux de vote irlandais ferment à 22 heures, heure locale. Le dépouillement débutera samedi matin, et les résultats devraient être connus dans l’après-midi. La procédure de vote permet aux électeurs d’exprimer un premier et un second choix, ce qui rend un second tour inutile, mais complique le processus de comptage.
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