Elon Musk a dévoilé un projet ambitieux, voire déroutant, lors de la conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre 2025 de Tesla : transformer la flotte de véhicules électriques de l’entreprise en une gigantesque centrale informatique mobile. L’idée, présentée comme une solution au potentiel « ennui » des voitures dotées d’une intelligence artificielle trop sophistiquée, pourrait révolutionner la puissance de calcul distribuée, mais soulève également des questions techniques et pratiques.
Selon Musk, connecter 100 millions de Tesla pourrait générer une puissance de calcul de 100 gigawatts. « Si nous connectons toutes ces voitures ennuyées et sous-utilisées… nous aurions une flotte géante de données et de ressources », a-t-il expliqué. Il estime que chaque véhicule pourrait contribuer avec environ 1 kilowatt de puissance de traitement, énergie et refroidissement inclus.
Ce concept n’est pas totalement inédit. Des initiatives comme SETI@Home et Folding@Home exploitent déjà la puissance de calcul inutilisée de millions d’ordinateurs personnels pour la recherche scientifique, notamment dans la recherche de vie extraterrestre et l’étude des maladies. L’originalité de la proposition de Tesla réside dans son application à des véhicules en mouvement, transformant ainsi une flotte automobile en une infrastructure d’intelligence artificielle.
Cependant, la réalisation de ce projet se heurte à des obstacles considérables. Tesla a vendu, à ce jour, environ 7,5 millions de voitures, un chiffre bien inférieur aux 100 millions nécessaires pour atteindre l’échelle envisagée par Musk. De plus, l’utilisation de la puissance de calcul des véhicules pour l’IA pourrait entraîner une consommation accrue de la batterie, une usure plus rapide du matériel et la nécessité de compenser financièrement les propriétaires.
Par ailleurs, une étude récente suggère que l’engagement politique d’Elon Musk a eu un impact négatif sur les ventes de Tesla. Selon John B. Holbein, sans cet effet partisan, les ventes de Tesla entre octobre 2022 et avril 2025 auraient pu être de 67 à 83 % plus élevées, soit l’équivalent de 1 à 1,26 million de véhicules supplémentaires.
Bien que théoriquement possible, la viabilité pratique de cette idée reste incertaine. Reste à savoir si cette vision audacieuse servira d’argument de vente aux investisseurs ou se concrétisera en un véritable projet technologique.