Les émissions de gaz à effet de serre en France devraient reculer de 2,8 % en 2026, selon de nouvelles estimations publiées le 13 octobre par le Citepa. Une baisse plus marquée qu’en 2025, portée notamment par le secteur des transports et du chauffage, mais jugée encore insuffisante face aux objectifs climatiques de la France.
Selon les baromètres du Citepa, l’organisme chargé de l’inventaire national des émissions, ces rejets ont diminué de 4,1 % au premier semestre par rapport à la même période en 2025. Sur l’ensemble de l’année, le recul devrait atteindre 2,8 %, pour s’établir à 349,4 millions de tonnes équivalents CO2.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a salué une baisse « encourageante, en reconnaissant qu'elle
ne suffit pas encore à atteindre nos objectifs climatiques ». Les émissions nationales ont reculé nettement de 4,1 % au premier semestre mais la baisse devrait ralentir à seulement 1,3 % au second, avec des émissions de l’industrie de l’énergie attendues en hausse à cette période, selon les données de l’organisme.

Le transport routier et la crise du gazole en première ligne
Le secteur des transports, qui représente environ un tiers des émissions nationales, joue un rôle majeur dans ce repli.
Cette baisse s’explique principalement par la chute des ventes de gazole, en repli de 7,3 % au premier semestre.
Cette diminution est en lien avec la forte baisse des ventes de gazole (-7,3 %), observée au premier semestre 2026, carburant utilisé par plus des deux tiers des véhicules routiers.
Le baromètre du Citepa, via 20 Minutes
Le recul du chauffage dans les bâtiments résidentiels et tertiaires
Le secteur du bâtiment constitue l’autre grand contributeur à la baisse globale des émissions. Les rejets liés à ce secteur devraient diminuer de 5,9 % sur l’année 2026, malgré un rebond attendu au second semestre.
Cette forte décroissance (…) s’explique principalement par le recul des émissions liées au chauffage, à l’eau chaude sanitaire et à la cuisson dans les bâtiments résidentiels et tertiaires, notamment en lien avec la baisse de la consommation de gaz naturel.
Le Citepa, via Radio France
De son côté, l’analyse sectorielle menée par le pôle Énergie-Climat de Rexecode évalue les émissions françaises à 348,7 MtCO2e pour l’année, soulignant également l’impact d’un hiver plus doux qui a réduit les besoins de chauffage.
Des objectifs climatiques jugés insuffisants par les ONG
Malgré cette trajectoire orientée à la baisse, le rythme actuel reste en deçà des exigences de la politique climatique française. La feuille de route nationale prévoit une réduction de 50 % des émissions d’ici 2030 par rapport à 1990, ce qui nécessite une diminution annuelle de l’ordre de 5 %. La baisse des émissions devra donc s'accélérer au cours des prochaines années pour respecter les budgets carbone et atteindre les objectifs de la France
, relève le Citepa.
L’accélération de la transition écologique et juste n’est pas encore là.
Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat, via Orange Actualités
« Les prix élevés des carburants et du chauffage suite à la guerre au Moyen-Orient, mais aussi de denrées alimentaires du fait des sécheresses et canicules aggravées par le changement climatique, deviennent intenables pour beaucoup de ménages et d’entreprises », pointe également Anne Bringault.