Le président Donald Trump a affirmé ce dimanche 14 juin 2026 qu’un accord de paix avec l’Iran serait signé aujourd’hui pour mettre fin à plus de trois mois de guerre. Alors que le médiateur pakistanais prévoit une finalisation rapide, Téhéran contredit le calendrier américain, évoquant une signature possible dans les prochains jours.
Divergences sur le calendrier de signature
L’incertitude plane sur l’heure exacte de la signature. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a assuré que l’accord était « prévu demain », désignant le dimanche 14 juin. Selon franceinfo, le président américain a lié cet acte à la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz.

Téhéran rejette toutefois cet échéancier. L’agence de presse gouvernementale Irna a rapporté samedi que l’Iran excluait toute signature dans les vingt-quatre heures.
« Nous devons attendre pour connaître la date exacte de la signature. Ce ne sera pas demain »
Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, via Irna
Le Pakistan, agissant comme médiateur, tente de maintenir le rythme. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a indiqué sur X s’attendre à la « finalisation » de l’accord dans les prochaines 24 heures. Il a évoqué une possible « signature électronique » avant l’ouverture de discussions techniques la semaine prochaine. Ce procédé permettrait de valider le principe politique de l’accord avant que les délégations ne se réunissent pour régler les détails d’exécution.
Le démantèlement nucléaire et le contrôle d’Ormuz
Le volet nucléaire constitue le point le plus sensible des négociations. Le Figaro rapporte que Donald Trump soutient que la République islamique d’Iran a accepté de « ne jamais » se doter de l’arme nucléaire.

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L’approche américaine pour garantir ce désarmement est radicale. Le président a déclaré que les États-Unis iraient récupérer la « poussière nucléaire, enfouie profondément » dans les montagnes iraniennes pour la diluer et la détruire. Cette position fait écho aux propositions de la diplomatie iranienne, qui a préconisé la dilution des stocks d’uranium enrichi à 60 % pour descendre sous le seuil des 5 %. Techniquement, l’uranium enrichi à 60 % est considéré comme très proche du seuil militaire, rendant sa réduction à 5 % — niveau utilisé pour la production d’électricité civile — cruciale pour lever les suspicions de course à l’arme atomique.
Parallèlement, la gestion du détroit d’Ormuz, verrou stratégique contrôlé par Téhéran depuis le début du conflit, doit être redéfinie. Ce passage maritime est l’une des voies les plus importantes au monde pour le transport du pétrole brut et des produits raffinés. Trump a promis que les prix de l’essence « vont s’effondrer » une fois le passage rouvert à tous, soulignant l’impact direct de la stabilité de ce détroit sur les marchés énergétiques mondiaux.
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L’enjeu des 24 milliards de dollars et des ports
Pour Téhéran, la signature dépend de concessions économiques massives. Selon Le HuffPost, une ébauche de protocole en 14 points a été publiée par l’agence Mehr.
Les exigences iraniennes se concentrent sur trois points majeurs :
- Le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds gelés à l’étranger.
- La levée du blocus américain imposé aux ports iraniens.
- La préservation du droit à l’enrichissement d’uranium.
Le déblocage des fonds gelés concerne des réserves financières iraniennes détenues dans des banques étrangères, rendues inaccessibles par les sanctions américaines. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a confirmé que le texte en discussion prévoit une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz et la fin du blocus portuaire, des mesures vitales pour une économie asphyxiée par les sanctions et dont la reprise dépend de la libre circulation des marchandises vers et depuis les côtes iraniennes.
Le timing politique : anniversaire et sommet du G7
L’insistance de Donald Trump sur une signature ce dimanche coïncide avec ses 80 ans. Le président semble vouloir transformer cet anniversaire en victoire diplomatique majeure avant son départ pour la France. Il doit en effet participer au sommet du G7 à Évian, en Haute-Savoie, de lundi à mercredi. Ce sommet représente une occasion pour Washington de coordonner avec les autres puissances industrialisées la mise en œuvre de l’accord et l’éventuelle levée coordonnée des sanctions internationales.

Cependant, le front intérieur iranien montre des signes de fracture. Des vidéos diffusées par une agence de presse iranienne montrent des manifestants scandant des slogans contre le ministre des Affaires étrangères, signe que les concessions nécessaires à l’accord sont mal accueillies par les courants conservateurs, qui perçoivent ces compromis comme une capitulation face aux exigences américaines.
L’issue des prochaines heures déterminera si cet accord initial peut réellement ouvrir la voie à la résolution des points techniques les plus contestés, notamment l’inclusion éventuelle du Liban, actuellement sous le coup d’une offensive israélienne massive. Le rôle de l’Iran dans le soutien aux factions libanaises reste un point de friction majeur, et la portée de l’accord sur la stabilité régionale dépendra de la capacité des signataires à intégrer ces dynamiques annexes.
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