L’arrestation de Nicolás Maduro par les forces américaines a plongé le Venezuela dans une crise politique profonde, suscitant une vague de réactions internationales et des manifestations à travers le monde. Alors que Washington se félicite d’une opération menée avec succès, plusieurs pays et organisations appellent à un procès équitable et à une résolution pacifique du conflit.
Le président américain Donald Trump a affiché un certain triomphe après l’opération, affirmant que les États-Unis avaient pris Maduro et ses alliés « un peu par surprise ». Il a également reconnu que l’opération avait causé des pertes humaines, notamment parmi les militaires cubains présents au Venezuela. « Nous avons l’armée la plus redoutable du monde », a-t-il déclaré, promettant d’augmenter la production de défense.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a fermement rejeté l’idée d’une gouvernance étrangère, déclarant : « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre. Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela. » Cette affirmation intervient en réponse aux déclarations de Trump suggérant que les États-Unis étaient désormais « aux commandes ».
Plusieurs pays ont réagi à l’arrestation de Maduro. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a appelé les États-Unis à garantir un « procès équitable » pour l’ancien président vénézuélien. En Afrique du Sud, la capture de Maduro a divisé le gouvernement d’union nationale, le président Cyril Ramaphosa condamnant fermement l’intervention américaine tout en craignant des répercussions sur les relations avec Washington. La France, par la voix du Premier ministre Sébastien Lecornu, a dénoncé une opération « illégale » et appelé à une « transition démocratique » autour d’Edmundo Gonzalez Urrutia, qu’elle considère comme le président élu en 2024.
Des manifestations ont éclaté dans plusieurs pays, notamment en Indonésie, en Inde et au Brésil, pour dénoncer l’intervention américaine au Venezuela. Des manifestants ont brûlé des drapeaux américains et exprimé leur solidarité avec le peuple vénézuélien.
Par ailleurs, Cuba a publié une liste de 32 militaires de ses forces de sécurité tués lors de l’opération américaine à Caracas, tandis que l’armée vénézuélienne a fait état de 23 décès de militaires vénézuéliens. Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a demandé à la justice américaine de reconnaître son incompétence pour juger Maduro et a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les « dizaines de pertes parmi des civils et militaires innocents », qualifiant l’opération américaine de « crime de guerre ».
Un trader anonyme a réalisé un profit d’environ 410 000 dollars (349 978,66 euros) en pariant sur la capture de Maduro sur la plateforme Polymarket, démontrant une anticipation de l’événement.
La lauréate vénézuélienne du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, a déclaré vouloir « remettre » sa récompense à Donald Trump « et le partager avec lui », estimant que l’arrestation de Maduro prouvait que le président américain « méritait » le Nobel de la paix.