Publié le 21 novembre 2024 13:22:00. La Commission européenne remet en question des modifications constitutionnelles slovaques concernant l’adoption et la primauté du droit de l’UE, tandis que l’opposition dénonce une attaque contre les médias publics et le Premier ministre Robert Fico envisage de créer un nouveau groupe parlementaire européen.
- La Commission européenne estime que la Slovaquie a violé des principes fondamentaux du droit de l’UE en limitant l’adoption aux couples mariés et en affirmant la primauté de la souveraineté nationale sur le droit européen dans les domaines culturels et éthiques.
- L’opposition slovaque a déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre une loi dissolvant le service public de radiodiffusion (RTVS), la qualifiant de tentative de contrôle politique des médias.
- Robert Fico explore la possibilité de former un nouveau groupe au Parlement européen, distinct des groupes existants, rassemblant des partis de gauche et des voix critiques envers la guerre en Ukraine.
Bruxelles conteste une réforme constitutionnelle initiée par le gouvernement populiste de Robert Fico, qui restreint l’accès à l’adoption aux couples hétérosexuels mariés, à quelques exceptions près. Cette modification, qui reprend une position déjà adoptée lors d’un précédent mandat de Fico en 2014, est jugée incompatible avec les principes fondamentaux du droit de l’Union européenne, notamment la primauté, l’autonomie, l’efficacité et l’application uniforme de celui-ci. Selon la Commission, les juridictions slovaques ne remettent pas en cause leur obligation de respecter ces principes, mais Bratislava a deux mois pour répondre aux objections formulées.
Parallèlement, l’opposition slovaque intensifie sa pression sur le gouvernement. Zora Jaurova, vice-présidente de la commission culturelle du Parlement et membre du parti Slovaquie progressiste (PS), a dénoncé l’adoption d’une loi visant à restructurer le service public de radiodiffusion (RTVS) comme une tentative de prise de contrôle politique. Elle a déclaré que cette loi est en contradiction avec la législation européenne et la constitution slovaque.
« Cette loi est une tentative politique du gouvernement de contrôler le radiodiffuseur public. »
Zora Jaurova, vice-présidente de la commission culturelle du Parlement slovaque (PS)
Le PS a donc déposé une plainte auprès de la Commission européenne, après plus d’un an de contestation de cette loi devant la Cour constitutionnelle slovaque.
Sur la scène européenne, Robert Fico envisage de rompre avec le groupe des Patriotes au Parlement européen et de créer une nouvelle formation regroupant des partis de gauche et des voix critiques envers la politique menée en Ukraine. L’eurodéputée Monika Benova (Smer-SD) a indiqué que Fico ne souhaite pas rejoindre d’autres groupes existants et qu’il attend l’année prochaine pour concrétiser ce projet.
« D’après mes conversations avec le Premier ministre Fico, je peux dire qu’il ne veut rejoindre aucun autre groupe et qu’il attend l’année prochaine. »
Monika Benova, eurodéputée (Smer-SD)
Ce nouveau groupe pourrait se constituer comme une coalition « d’amis de la paix », mais aucun parti spécifique n’a encore été identifié. La création d’un tel groupe nécessite au moins 23 députés européens issus d’au moins sept États membres de l’UE.
Cette initiative intervient après la récente exclusion du parti Smer-SD de Fico du Parti des Socialistes et Sociaux-Démocrates européens (PSE) en raison d’une divergence profonde sur les valeurs et les principes fondamentaux, notamment concernant la politique de l’UE en Ukraine. Fico a régulièrement critiqué l’approche européenne vis-à-vis du conflit ukrainien.
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