Home Santé“En tant que personne Martin au premier plan? C’est mal à l’aise.”

“En tant que personne Martin au premier plan? C’est mal à l’aise.”

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2023. Le professeur Martin Schalij, cardiologue de renom et président du conseil d’administration du LUMC, incarne une figure atypique : un dirigeant proche de ses équipes, passionné par son métier et profondément attaché au bien-être de ses patients, même au-delà des obligations de son poste.

  • Le professeur Schalij combine son rôle de direction avec une activité clinique soutenue, opérant régulièrement en salle de cathétérisme.
  • Il accorde une importance primordiale à l’écoute des équipes soignantes et à l’amélioration continue des soins.
  • Malgré un emploi du temps chargé, il reste accessible et attentif aux besoins des patients, allant jusqu’à répondre à leurs courriels personnels.

Martin Schalij, 67 ans, est un homme aux multiples facettes. On le croise dans les couloirs du LUMC (Leiden University Medical Center) arrosant méticuleusement son ficus, une petite attention qui témoigne de son souci du détail et de son attachement aux choses simples. Une image surprenante pour un chef d’établissement, mais qui reflète bien sa personnalité, selon ses collègues.

« Martin peut parfois paraître intimidant, surtout pour ceux qui ne le connaissent pas. Mais en réalité, il a un grand cœur. Il est toujours le premier à envoyer un message de soutien en cas de maladie », confie un collaborateur.

« Je suis assez direct. Les gens trouvent parfois cela difficile. Mais je ne suis pas un chien, je ne mords pas. »

Martin Schalij, président du conseil d’administration du LUMC

Le professeur Schalij reconnaît volontiers cette perception. « Certes, ce n’est pas nouveau pour moi. Je suis assez direct. Les gens trouvent parfois cela difficile. Mais je ne suis pas un chien, je ne mords pas », explique-t-il avec un sourire. Il insiste sur l’importance de la transparence et de l’authenticité dans ses relations avec les autres. « Les gens savent ce qu’ils ont avec moi. C’est aussi important. »

Anne Catherine van der Lande, secrétaire du conseil d’administration, souligne son accessibilité : « Il parle à tout le monde à l’hôpital, de l’équipe de sécurité au personnel de cuisine. Tout le monde compte dans ce bâtiment, pas seulement les médecins. »

Son parcours est atypique. Après des études de médecine, il est devenu cardiologue au LUMC en 2003, puis professeur en 2011 et responsable des maladies cardiaques. En 2018, il a rejoint le conseil d’administration, sans pour autant renoncer à sa pratique clinique. Chaque jeudi matin, il est en clinique ambulatoire, et chaque vendredi matin, il opère en salle de cathétérisme.

« C’est ma profession. Et je veux garder le contact avec la réalité du terrain. »

Martin Schalij, cardiologue

« C’est ma profession. Et je veux garder le contact avec la réalité du terrain », explique-t-il, soulignant l’importance de ne pas s’éloigner des préoccupations quotidiennes des soignants et des patients. Il se décrit comme un homme pragmatique, capable de prendre des décisions difficiles, mais toujours dans l’intérêt de tous.

Son attachement à son métier se reflète également dans son style vestimentaire. Il porte presque toujours un pull bleu foncé, une habitude qu’il a conservée depuis des années. « J’ai toujours porté des pulls bleus. Une fois, j’en ai porté un rouge au travail, ça a été un choc pour mes collègues ! »

Sa vie personnelle est discrète. Sa femme, Nicoline Schalij, est également professeure au LUMC, spécialisée dans l’étude des maladies oculaires chez l’enfant. Ils ne prennent pas toujours le petit-déjeuner ensemble, car elle part travailler à vélo tandis qu’il préfère la voiture. « Je ne suis pas une personne du matin », confie-t-il. Ils se croisent rarement à l’hôpital, chacun étant très pris par ses activités.

Depuis plus de 35 ans, Martin Schalij effectue quotidiennement le trajet entre Voorschoten et Leiden. Son parcours n’était pas prédestiné. Son père, directeur d’une usine de briques, souhaitait qu’il le suive, mais il n’a pas été admis à l’université technique de Delft. Il s’est alors inscrit en médecine, plus par conviction politique que par vocation.

« J’ai choisi la médecine en réaction à la guerre entre Israël et ses voisins dans les années 1970. Je voulais aider les gens. »

Martin Schalij, cardiologue

« J’ai choisi la médecine en réaction à la guerre entre Israël et ses voisins dans les années 1970. Je voulais aider les gens », se souvient-il. Il a finalement trouvé sa voie et s’est épanoui dans cette profession exigeante, mais gratifiante.

En tant que président du conseil d’administration, il est déterminé à faire évoluer le LUMC, en accordant une attention particulière à l’amélioration des soins et à l’innovation. Il est conscient des défis auxquels est confronté le système de santé néerlandais, notamment le vieillissement de la population et l’augmentation des coûts. « Nous devons organiser les soins de manière plus intelligente pour qu’ils restent accessibles à tous », affirme-t-il.

Il est également très attaché au bien-être de ses équipes. Els Nagtegaal, directrice des soins infirmiers, souligne son respect pour le personnel soignant et son ouverture à leurs suggestions. « Il demande toujours aux infirmières de réfléchir aux plans », témoigne-t-elle.

Malgré son rôle de leader, Martin Schalij reste un homme humble et accessible, qui n’hésite pas à se retrousser les manches et à s’impliquer sur le terrain. Il est un exemple pour ses collègues et une source d’inspiration pour tous ceux qui croisent son chemin.

Le 1er janvier 2024, il aurait pu prendre sa retraite, mais il a choisi de prolonger son mandat de deux ans, pour continuer à œuvrer pour le bien-être des patients et des soignants du LUMC.

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