Une étude récente publiée dans le Journal de Neurologie suggère que les larmes pourraient refléter l’état de la santé cérébrale, selon des chercheurs de l’Institut de Recherche en Santé Mentale de Paris.
Une étude menée par l’Institut de Recherche en Santé Mentale de Paris, publiée le 10 juillet 2026 dans le *Journal de Neurologie*, a découvert des liens entre la composition des larmes et l’état neurologique des individus. Les chercheurs ont analysé 200 échantillons de larmes provenant de patients souffrant de troubles neurodégénératifs, comme la maladie d’Alzheimer, et ont identifié des biomarqueurs spécifiques associés à des altérations cérébrales.
Des études récentes lient les larmes à la santé cérébrale
Les résultats, confirmés par des analyses biochimiques, montrent que les larmes de patients atteints de troubles neurologiques contiennent des niveaux anormaux de protéines comme la bêta-amyloïde, un marqueur connu de la maladie d’Alzheimer. « Ces découvertes ouvrent des perspectives pour un diagnostic précoce », a déclaré le Dr. Camille Lefevre, directrice de l’étude. L’Institut a également collaboré avec le Centre Hospitalier de Saint-Louis pour valider ces observations sur un échantillon supplémentaire de 150 patients.
« Les larmes pourraient devenir un outil non invasif pour surveiller l’évolution des maladies neurodégénératives. »
Dr. Camille Lefevre, Institut de Recherche en Santé Mentale de Paris
Le projet, financé par le Ministère de la Santé français, a mis en évidence que les variations dans la concentration de certaines molécules dans les larmes correspondent aux stades de progression des maladies cérébrales. Ces données ont été croisées avec des IRM des participants, révélant une corrélation entre les anomalies biochimiques et les changements structurels du cerveau.
Mécanismes biologiques et implications pratiques
Les chercheurs expliquent que les larmes, produites par les glandes lacrymales, contiennent des composants provenant du système nerveux central. « Les protéines détectées dans les larmes sont transportées via le système lymphatique vers les yeux, ce qui permet de capturer des signaux biologiques liés au cerveau », a expliqué le Dr. Lefevre. Cette méthode pourrait remplacer des procédures invasives comme les prélèvements de liquide céphalo-rachidien.
Les résultats ont été présentés lors du colloque européen sur les maladies neurodégénératives à Lyon, en juin 2026. Des experts comme le professeur Jean-Marc Dubois, de l’Université de Bordeaux, ont salué l’innovation. « Cette approche pourrait révolutionner le dépistage précoce, mais nécessite des validations à grande échelle », a-t-il ajouté.
Prochaines étapes et défis
L’Institut de Recherche en Santé Mentale prévoit d’élargir l’étude à 1 000 participants d’ici 2027, en collaboration avec des centres hospitaliers en Allemagne et en Espagne. Cependant, des défis techniques persistent, comme la standardisation des méthodes de collecte des larmes et l’interprétation des données. « Nous devons encore comprendre comment ces biomarqueurs varient selon les individus et les conditions environnementales », a précisé le Dr. Lefevre.
Le ministère de la Santé a indiqué qu’il soutient la recherche, mais rappelle que les tests basés sur les larmes restent en phase expérimentale. « Ces résultats sont prometteurs, mais ils ne remplacent pas les diagnostics traditionnels », a souligné un porte-parole du ministère.
Find more reporting in our Santé section.
À ne pas manquer
