Publié le 3 novembre 2025 à 19h02. La liberté de la presse en Turquie continue de se détériorer, avec une multiplication des agressions contre les journalistes, des pressions gouvernementales croissantes sur les médias et un nombre élevé de professionnels des médias emprisonnés ou poursuivis en justice.
- En octobre, un journaliste a été assassiné et 47 sont visés par des procédures judiciaires.
- Le régulateur turc de la radiodiffusion a infligé des amendes à six chaînes de télévision et bloqué l’accès à de nombreux contenus en ligne.
- La prise de contrôle de la chaîne TELE1 par un administrateur nommé par le gouvernement est perçue comme un coup dur pour la démocratie.
Selon l’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG), une organisation basée dans le sud-est de la Turquie qui surveille la liberté de la presse, le mois d’octobre a été particulièrement sombre pour les journalistes turcs. Un rapport de la DFG indique qu’un journaliste a été assassiné, deux ont été arrêtés et 47 sont actuellement poursuivis en justice dans le pays.
Cinq journalistes ont également été victimes d’agressions physiques et sept ont été placés en détention. Dix autres ont été condamnés à des peines avec sursis, totalisant 12 ans, deux mois et 20 jours, ou à des amendes s’élevant à 78 722 livres turques (environ 1 900 dollars américains).
Au 3 novembre, 28 journalistes étaient encore incarcérés en Turquie. Le rapport de la DFG révèle également que 156 journalistes ont perdu leur emploi au cours du mois d’octobre.
Les pressions exercées par les autorités sur les médias se sont intensifiées. Le Conseil suprême de la radio et de la télévision (RTÜK), l’organisme de régulation de la radiodiffusion turc, a imposé des amendes à six chaînes de télévision. De plus, l’accès à un site d’information, à 18 reportages et à 628 comptes ou publications sur les réseaux sociaux a été bloqué.
La DFG a particulièrement dénoncé la nomination d’un administrateur à la tête de la chaîne de télévision pro-opposition TELE1 et la fermeture de sa chaîne YouTube, qualifiant cette action de « cicatrice sur la démocratie turque ». Tous les journalistes et professionnels des médias de la station ont démissionné en signe de protestation contre cette prise de contrôle.
L’association a également exprimé son inquiétude face au manque de déclaration officielle concernant la mort du journaliste indépendant Hakan Tosun. Il a été agressé le 10 octobre alors qu’il rentrait chez lui dans le district d’Esenyurt à Istanbul et est décédé trois jours plus tard à l’hôpital.
Le blocage de 86 comptes de réseaux sociaux partageant du contenu sur Rojin Kabaiş, une étudiante décédée dans des circonstances suspectes, ainsi que l’interdiction d’accès à 540 autres publications en ligne ont également été condamnés. Deux journalistes du groupe pro-kurde JİNNEWS, qui couvraient les allégations entourant la mort de Kabaiş, font actuellement l’objet d’une enquête.
La Turquie figure parmi les pays les plus répressifs envers les journalistes au monde, selon les organisations de défense de la liberté de la presse. Elle occupe la 159ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2025 publié par Reporters sans frontières (RSF) ici.
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