Publié le 18 décembre 2025 à 08h58. Le Congrès américain a adopté un projet de loi de défense pluriannuel qui prévoit une aide substantielle à l’Ukraine et à l’Europe de l’Est, tout en renforçant les mesures de surveillance à l’égard de la Chine et en modifiant les autorisations d’intervention militaire à l’étranger.
- Le projet de loi alloue 800 millions de dollars (environ 740 millions d’euros) d’aide à la sécurité pour l’Ukraine sur les deux prochaines années.
- Il prévoit également 175 millions de dollars (environ 160 millions d’euros) pour soutenir la défense des États baltes (Lettonie, Lituanie et Estonie).
- Des mesures sont incluses pour encadrer les investissements américains en Chine et limiter les transferts de technologies sensibles.
L’adoption de ce projet de loi, fruit d’un compromis au sein du Congrès, intervient alors que les États-Unis sont confrontés à des défis géopolitiques croissants, notamment la guerre en Ukraine et la montée en puissance de la Chine. Le texte devrait être promulgué par le président Trump dans les prochains jours.
Le projet de loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA) est adopté chaque année et constitue un cadre législatif essentiel pour définir les priorités et les dépenses du Pentagone. Cette année, il dépasse le simple cadre militaire pour aborder des questions de sécurité nationale plus larges, allant de la lutte contre l’influence chinoise à la gestion des conflits au Moyen-Orient.
Concernant l’Ukraine, le texte prévoit un mécanisme original : l’aide à la sécurité sera financée par des entreprises américaines qui fourniront des armes à l’armée ukrainienne. Parallèlement, le projet de loi vise à rassurer les alliés européens en maintenant un niveau minimal de 76 000 soldats américains stationnés en Europe et en préservant le rôle du commandant américain en Europe au sein de l’OTAN.
Face aux préoccupations croissantes concernant les ambitions de la Chine, le NDAA établit un processus d’examen plus strict des investissements américains dans ce pays. Le département du Trésor américain se verra accorder des pouvoirs accrus pour bloquer les transactions considérées comme potentiellement nuisibles à la sécurité nationale. De plus, le texte interdit aux entreprises chinoises de biotechnologie de bénéficier de subventions fédérales américaines.
L’initiative de coopération en matière de sécurité de Taïwan, dotée d’un milliard de dollars (environ 920 millions d’euros), vise à renforcer les capacités de défense de l’île face à la Chine. Elle prévoit notamment la formation de l’armée taïwanaise par les États-Unis et le développement conjoint de systèmes de drones et de lutte antidrones.
Le projet de loi comprend également des dispositions concernant le Moyen-Orient, avec un soutien affirmé à Israël. Il prévoit le financement complet des systèmes de défense antimissile Iron Dome et David Sling, ainsi qu’une évaluation continue de l’embargo sur les armes à destination d’Israël. De manière surprenante, il abroge également les sanctions sévères imposées sous le régime de Bachar al-Assad en Syrie, une mesure perçue comme une tentative de relancer l’économie syrienne.
Enfin, le NDAA modifie les règles d’engagement militaire des États-Unis. Il abroge les autorisations d’utilisation de la force militaire (AUMF) de 1991 et 2002 concernant l’Irak, rétablissant ainsi le rôle du Congrès dans la décision d’envoyer des troupes au combat. Cette mesure fait suite à des critiques récurrentes concernant les pouvoirs excessifs accordés au président en matière de politique étrangère et militaire. L’ancien président Trump avait notamment invoqué l’AUMF de 2002 pour justifier l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani en 2020.
Le projet de loi inclut également des mesures visant à améliorer les conditions de vie des militaires américains, avec une augmentation de salaire de 4 % et des efforts pour améliorer l’accès aux services de garde d’enfants et de logement. Certaines dispositions controversées, liées aux “guerres culturelles”, ont été abandonnées, notamment un financement étendu des traitements de fécondation in vitro pour les familles de militaires et un projet de renommage du Pentagone en “Département de la Guerre”.
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