Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle étude australienne révèle qu’un régime pauvre en FODMAP pourrait significativement soulager les troubles digestifs fréquemment associés à l’endométriose, une maladie chronique touchant une femme sur sept en âge de procréer.
- Près de trois quarts des femmes atteintes d’endométriose souffrent de problèmes gastro-intestinaux tels que douleurs abdominales, ballonnements, diarrhée et flatulences.
- Un régime pauvre en FODMAP (fermentable oligo-, di-, monosaccharides et polyols) a permis d’améliorer significativement les symptômes digestifs chez 60 % des patientes participant à l’étude.
- Cette approche pourrait combler un manque de traitement ciblé pour les troubles gastro-intestinaux liés à l’endométriose, souvent négligés au profit de la gestion de la douleur et de l’infertilité.
L’endométriose, caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, se manifeste souvent par des douleurs pelviennes intenses et des difficultés de fertilité. Cependant, les symptômes ne se limitent pas à ces manifestations gynécologiques. De nombreuses femmes atteintes d’endométriose rapportent également des troubles digestifs chroniques, souvent mal compris et sous-diagnostiqués.
Les médecins ont tendance à attribuer ces problèmes gastro-intestinaux à un « syndrome de l’intestin irritable comorbide », mais une équipe de chercheurs de l’Université Monash de Melbourne, dirigée par Jane E. Varney, suggère une autre explication. Leur étude, publiée dans la revue Alimentary Pharmacology & Therapeutics, met en évidence une cause physiopathologique distincte, jusqu’à présent peu explorée. Étude de référence.
L’étude, menée sur 35 femmes d’un âge moyen de 31 ans, toutes diagnostiquées avec l’endométriose et souffrant de troubles gastro-intestinaux sévères, a comparé l’impact d’un régime pauvre en FODMAP (moins de 5g par jour) à un régime témoin (20g par jour), tous deux basés sur les recommandations alimentaires australiennes. Après une période de transition, les participantes ont alterné les deux régimes.
Les résultats sont encourageants : 60 % des femmes ayant suivi le régime pauvre en FODMAP ont constaté une amélioration significative de leurs symptômes digestifs, mesurés à l’aide d’une échelle visuelle analogique (de 0 à 100 mm), avec une amélioration de plus de 20 mm considérée comme cliniquement pertinente. Le score moyen des symptômes a diminué de 64 mm à 38 mm avec le régime pauvre en FODMAP, contre une diminution de seulement 3 mm avec le régime témoin. En particulier, les douleurs abdominales et les ballonnements ont été significativement réduits, et la consistance des selles s’est normalisée chez la majorité des patientes.
Les chercheurs expliquent cette amélioration par une diminution de la charge osmotique et un temps de transit plus long dans le côlon. Ils ont également observé une amélioration de la qualité de vie des patientes, tant en ce qui concerne leur digestion que leur bien-être général lié à l’endométriose. Si le niveau de stress psychologique (anxiété, dépression) n’a pas été globalement modifié, les patientes souffrant initialement de ces troubles ont présenté une amélioration de leurs symptômes.
Ce régime pauvre en FODMAP, qui consiste à réduire la consommation d’oligo-, di- et monosaccharides fermentescibles ainsi que de polyols (des sucres mal absorbés par l’intestin), pourrait donc offrir une nouvelle approche thérapeutique pour les femmes atteintes d’endométriose souffrant de troubles digestifs. Les auteurs de l’étude soulignent toutefois la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour confirmer ces résultats dans des conditions réelles et évaluer l’efficacité à long terme de cette approche.
Les FODMAP (acronyme anglais pour Fermentable Oligo-, Di-, Mono-saccharides And Polyols) sont des glucides à chaîne courte mal absorbés dans l’intestin grêle. Leur fermentation par les bactéries intestinales produit des gaz et des liquides, entraînant des ballonnements, des douleurs abdominales et des troubles du transit.
