Home NouvellesEnvisagez de ramener une femme enceinte et son fils expulsés vers le Bangladesh : la Cour suprême au centre

Envisagez de ramener une femme enceinte et son fils expulsés vers le Bangladesh : la Cour suprême au centre

by Nicolas Lefèvre

Publié le 1er décembre 2025 à 11h53. La Cour suprême indienne a demandé au gouvernement de se prononcer sur le possible rapatriement d’une femme enceinte et de son fils de huit ans, expulsés vers le Bangladesh, au nom de considérations humanitaires. Cette affaire intervient après une décision de la Haute Cour de Calcutta ordonnant le retour de personnes expulsées.

  • La Cour suprême a sollicité des instructions concernant le sort spécifique de la femme enceinte et de son enfant.
  • Le gouvernement central a exprimé des préoccupations quant à la jurisprudence que pourrait établir une telle décision.
  • L’affaire découle d’une contestation devant la Cour suprême d’une ordonnance de la Haute Cour de Calcutta.

La Cour suprême indienne a examiné lundi une requête concernant l’expulsion récente d’une femme enceinte, Sonali Khatoon, et de son fils de huit ans, Sabil, vers le Bangladesh. L’avocat principal Sanjay Hegde a informé la Cour que Mme Khatoon était enceinte au moment de son expulsion, faisant partie d’un groupe de personnes renvoyées au Bangladesh. Il a également souligné que son fils avait été expulsé avec elle.

Le juge en chef de l’Inde, Surya Kant, et le juge Joymalya Bagchi ont entendu l’affaire et l’ont reportée au 3 décembre. Le Solliciteur général Tushar Mehta a représenté l’Union, tandis que l’avocat principal Kapil Sibal défendait les intérêts de l’État du Bengale occidental. L’affaire porte sur un recours déposé par le gouvernement de l’Union contestant une décision de la Haute Cour de Calcutta ordonnant le retour des personnes expulsées vers le Bangladesh.

Le juge en chef a demandé au Solliciteur général de fournir des instructions spécifiques concernant la situation de la femme et de son enfant, insistant sur le fait que cette décision était motivée « uniquement par des raisons humanitaires ». Le Solliciteur général a acquiescé, tout en exprimant des inquiétudes quant aux précédents que cela pourrait créer. Le juge en chef a répondu que le gouvernement pouvait examiner la situation de manière autonome.

Me Hegde a également souligné que séparer la mère de son fils créerait des difficultés supplémentaires et a précisé que le père des enfants avait également été expulsé. La Cour n’a pas formulé de commentaires à ce sujet.

La Cour suprême avait précédemment suggéré que l’Union envisage de ramener les résidents du Bengale occidental expulsés vers le Bangladesh afin de leur permettre de faire valoir leurs droits.

Contexte

Cette affaire a été portée devant la Cour suprême suite à une ordonnance rendue en septembre par la Haute Cour de Calcutta, qui avait ordonné le rapatriement des personnes expulsées dans un délai de quatre semaines. La Haute Cour, examinant une requête en habeas corpus, avait jugé que la procédure d’expulsion était inappropriée, quelle que soit la nationalité des personnes concernées. Elle avait estimé que la question de la citoyenneté devait être examinée sur la base de documents et de preuves supplémentaires devant un tribunal compétent.

Bhodu Sekh, l’intimé dans cette affaire, avait saisi la Haute Cour pour demander la production de sa fille, de son gendre et de son petit-fils, qu’il estimait avoir été détenus illégalement. Il a affirmé être un résident permanent du Bengale occidental et que sa fille et son gendre étaient citoyens indiens de naissance, issus d’une famille résidant de manière permanente dans cet État et ayant déménagé à New Delhi pour un emploi légal.

M. Sekh a soutenu que sa famille avait été arrêtée, détenue et illégalement expulsée vers le Bangladesh le 26 juin 2025, dans le cadre d’une « campagne de vérification d’identité ». Il a souligné que sa fille était à un stade avancé de sa grossesse.

Il a également été avancé que le Bureau des étrangers de Delhi (FRRO) avait rapatrié les migrants illégaux du Bangladesh conformément aux instructions du 2 mai 2025 émises par le ministère de l’Intérieur. Cependant, aucune enquête n’avait été menée suite au mémorandum publié par le gouvernement de l’Union et les personnes détenues avaient été expulsées dans un délai de deux jours.

Les autorités ont affirmé que les personnes détenues avaient admis à la police qu’elles résidaient au Bangladesh et n’avaient pas présenté de cartes Aadhar, de cartes de rationnement, de cartes d’identité d’électeur ou d’autres documents prouvant leur citoyenneté indienne. La Haute Cour a cependant estimé qu’une déclaration faite à la police pouvait avoir été obtenue sous la pression ou par la force et donc ne pas être volontaire, même si les personnes détenues reconnaissaient être des citoyens bangladais.

Référence de l’affaire : UNION DE L’INDE contre BHODU SEKH ET ORS., SLP(Crl) n° 18658/2025

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.