L’essor de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé soulève des questions cruciales, allant de la responsabilité médicale à l’influence des politiques hospitalières sur les soins prodigués. Des experts s’interrogent sur la pertinence de parier sur des solutions technologiques sophistiquées plutôt que sur des approches plus simples et centrées sur le patient.
OpenAI a récemment dévoilé des modèles d’IA spécifiquement conçus pour assister les médecins, ayant fait l’objet de tests cliniques rigoureux. L’intégration de ces outils avec les systèmes internes des établissements de santé, via des plateformes comme SharePoint, suscite un intérêt certain. Cependant, cette intégration soulève des préoccupations médico-légales.
Alors que de nombreux médecins expérimentent déjà avec diverses applications d’IA sur leurs appareils personnels, sans lien direct avec le dossier médical officiel, une plateforme d’entreprise centralisant ces données et encourageant l’utilisation des informations patient (données de santé protégées) complexifie considérablement les enquêtes médico-légales. Il ne s’agira plus seulement des journaux d’audit des systèmes d’information, mais de toutes les requêtes potentielles formulées et traitées par l’équipe soignante. Des affaires judiciaires impliquant des médecins basant leurs décisions sur des informations erronées générées par l’IA commencent à émerger, un domaine qui nécessite une surveillance attentive.
Par ailleurs, les politiques hospitalières pourraient involontairement limiter l’accès des médecins à des informations cruciales. Si un établissement restreint certaines procédures ou certains médicaments pour des raisons éthiques ou religieuses, ces limitations pourraient biaiser les réponses de l’IA, même si ces traitements interdits seraient les plus appropriés pour un patient donné. Les patients eux-mêmes pourraient être confrontés à des restrictions de soins imposées par l’établissement.
Le Dr Craig Joseph, conférencier, souligne que le secteur de la santé semble privilégier des IA complexes alors qu’une étude de l’Université de Californie du Sud a démontré que des robots physiques simples surpassaient les chatbots dans la réduction de la détresse psychologique. Il explique que le cerveau perçoit différemment les interactions physiques et virtuelles, et que l’expérience émotionnelle est essentielle dans la prestation des soins.
Cette observation est corroborée par l’expérience personnelle de l’auteur en physiothérapie, où la présence et l’encouragement d’un thérapeute humain sont plus efficaces qu’un robot thérapeutique à domicile. L’étude mentionnée utilisait des robots d’apparence rudimentaire, recouverts de couvertures crochetées, rappelant les chats du dessin animé « La Dame et le Vagabond ». Le Dr Joseph estime que, parfois, la technologie la plus simple est la meilleure solution.
En matière de suivi du sommeil, l’anneau Oura est présenté comme un outil complémentaire potentiel. Cependant, un médecin interrogé a noté que les recommandations issues des données de l’anneau se résumaient aux conseils classiques pour améliorer le sommeil : une routine régulière, des heures de coucher constantes, un environnement propice, un timing approprié des repas et la tenue d’un journal de sommeil. Un collègue a même suggéré une approche encore plus simple : dormir avec un animal en peluche, une tactique soutenue par des recherches suggérant qu’elle pourrait aider les adultes à se détendre avant de dormir.
L’auteur partage également des exemples concrets de préoccupations soulevées par des professionnels de la santé. Une infirmière a interrogeé la pertinence d’une question posée lors d’une formation continue, question qui semblait suggérer une méfiance envers le personnel soignant. Un représentant d’une entreprise de dispositifs médicaux a rapporté que les jurons sont fréquents chez les médecins, et qu’une étude a même démontré qu’ils pouvaient améliorer les performances physiques en réduisant l’inhibition.
Enfin, l’auteur relate l’acquisition d’une clinique de dermatologie par une société de capital-investissement. La médecin fondatrice a réussi à maintenir l’activité grâce à la disponibilité de rendez-vous le jour même, mais elle craint que les nouvelles priorités financières ne compromettent la qualité des soins et l’accès aux traitements.
Si vos établissements de soins ont été rachetés par des fonds d’investissement, partagez vos observations en laissant un commentaire ou en envoyant un courriel au Dr Jayne.
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