Home Technologie et scienceEric Schmidt, ancien PDG de Google, construit un immense télescope spatial. La question n’est pas comment, mais pourquoi

Eric Schmidt, ancien PDG de Google, construit un immense télescope spatial. La question n’est pas comment, mais pourquoi

by Thomas Caron

Publié le 12 janvier 2026 à 22h17. L’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, et son épouse Wendy investissent massivement dans l’astronomie, finançant la construction de quatre télescopes, dont un observatoire spatial ambitieux nommé Lazuli, bousculant ainsi les modèles traditionnels de financement de la recherche.

Une annonce a créé la surprise dans le monde de l’astronomie : Eric Schmidt, figure emblématique de la Silicon Valley, et son épouse Wendy ont décidé de financer personnellement la construction de quatre télescopes, dont un observatoire spatial de grande envergure. Cette initiative, menée par le système d’observatoire Schmidt, remet en question l’approche conventionnelle, dominée par les organismes publics et les consortiums universitaires.

Ce projet marque un changement de paradigme. Traditionnellement, la construction de télescopes toujours plus puissants et leur mise en orbite représentent des investissements considérables, relevant des budgets nationaux. L’entrée en jeu des Schmidt suggère que les nouvelles technologies et des modes de financement alternatifs pourraient modifier cet équilibre établi.

L’objectif n’est pas de concurrencer les agences spatiales, mais de combler un vide. Les Schmidt cherchent à soutenir des concepts déjà imaginés par la communauté scientifique, mais qui peinent à obtenir un financement officiel en raison de leur caractère risqué ou des délais de réalisation qu’ils impliquent. Ils souhaitent ainsi accélérer le processus d’innovation et permettre la réalisation de projets ambitieux.

Au cœur de cette initiative se trouve Lazuli, le seul des quatre projets à quitter la Terre. Cet observatoire spatial vise à couvrir un large éventail de domaines scientifiques, de l’étude des phénomènes transitoires, qui ne durent que quelques minutes ou heures, à l’analyse détaillée des exoplanètes, avec une flexibilité que les grands observatoires publics ne peuvent pas toujours offrir.

Lazuli se distinguera de son prédécesseur, le télescope Hubble, par son orbite et ses capacités. Alors que Hubble orbite à environ 500 kilomètres de la Terre, Lazuli sera placé sur une orbite elliptique plus éloignée, offrant une vue plus dégagée et permettant une transmission rapide et continue des données. Il sera également équipé d’un miroir plus grand, de 3,1 mètres de diamètre contre 2,4 mètres pour Hubble.

Lazuli
Lazuli

Observatoire spatial Lazuli

Lazuli est conçu comme une plateforme unique intégrant trois instruments : un imageur optique grand champ pour les séries temporelles photométriques, un spectrographe de champ intégré couvrant un spectre continu de 400 à 1 700 nanomètres, et un coronographe à haut contraste pour l’observation directe des exoplanètes et de leurs environnements.

Parallèlement à Lazuli, le système d’observatoire Schmidt comprend Argus, DSA et RAPIDE. Ces projets ne sont pas des télescopes traditionnels, mais des systèmes distribués qui exploitent les progrès de l’informatique, du stockage et de l’analyse automatisée des données. Argus Array, par exemple, rassemblera 1 200 télescopes optiques au Texas pour observer le ciel du nord de manière quasi continue.

Télescopes 2
Télescopes 2

Rendu du réseau Argus (à gauche), du réseau synoptique profond (à droite)

Cette initiative lancée par les Schmidt est avant tout une expérience sur le fonctionnement du système scientifique lui-même. Si elle aboutit, elle pourrait non seulement conduire à de nouvelles découvertes, mais aussi à une nouvelle façon de définir les priorités de la recherche scientifique.

Images | Village Mondial | Système d’observatoire Schmidt

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