Publié le 5 décembre 2023 17:41:00. Erik de Zwart, figure emblématique de la radio néerlandaise, estime que des coupes budgétaires dans le secteur de l’audiovisuel public sont inévitables, tout en critiquant la répartition actuelle des fonds et en plaidant pour une réaffectation des fréquences FM.
- Erik de Zwart juge inévitables les réductions de budget dans les médias publics.
- Il critique la suppression de la programmation nocturne sur NPO Radio 2, essentielle à la formation des jeunes talents.
- Il remet en question l’allocation de fonds supplémentaires à 3FM, au vu de ses faibles audiences, et propose de céder les fréquences FM à NPO Radio 5.
Pour Erik de Zwart, l’époque de l’opulence dont a pu bénéficier la radiodiffusion publique pendant les quatre dernières décennies touche à sa fin. Il a exprimé son point de vue lors d’une interview accordée à RadioFreak, qualifiant les coupes budgétaires de «inévitables». Il s’inquiète particulièrement de la suppression de la programmation nocturne sur NPO Radio 2, qu’il considère comme un terrain fertile pour l’émergence de nouveaux talents.
« La formation des jeunes talents est une tâche primordiale de la chaîne publique. Cela peut idéalement se faire la nuit et cela est simplement ancré dans votre obligation légale. »
Erik de Zwart, animateur de Radio 10
L’allocation de fonds supplémentaires à 3FM, alors que la chaîne peine à attirer un public conséquent, suscite l’incompréhension de M. de Zwart. Il se demande même s’il ne serait pas préférable d’envisager l’arrêt de cette station, soulignant l’existence de nombreuses autres radios proposant des programmes musicaux similaires, comme KINK.
« Peut-être que tu devrais arrêter avec 3FM. Il y a tellement de stations de musique populaire et de musique alternative qu’il y a KINK. Quel est alors l’intérêt de 3FM ? »
Erik de Zwart, animateur de Radio 10
Erik de Zwart estime que les fréquences FM pourraient être plus judicieusement attribuées à NPO Radio 5, permettant ainsi d’élargir son public cible. Il insiste sur le caractère précieux de la FM, une ressource rare dans le paysage radiophonique actuel. Il reconnaît que cette proposition pourrait ne pas être du goût de sa propre station, Radio 10, mais affirme avoir déjà soulevé cette question par le passé, sans succès.
Il dénonce également le poids de la bureaucratie au sein de l’OBNL (Omroep Bestuur Nederland), l’organisation chapeautant les radios publiques, qui emploie, selon lui, environ 700 personnes, sans compter le personnel des différentes chaînes. Il estime que la structure actuelle, avec ses multiples niveaux de décision, est dépassée et qu’il est possible de réaliser des économies significatives.
Ces critiques font écho à celles formulées précédemment par les créateurs du podcast « This was the Radio », qui avaient déjà dénoncé les coupes budgétaires de l’OBNL. Une demande d’interview auprès d’un porte-parole des radios publiques est restée sans réponse, selon RadioFreak.
Photo : Ben Houdijk | Diffuseur MAX
