Florence – La politique doit se recentrer sur le salut plutôt que sur la sécurité, et les jeunes générations sont plus engagées qu’il n’y paraît, mais ont besoin d’espaces de participation concrets et d’une éducation civique renouvelée. C’est le message fort porté par la 56e réunion nationale des études de l’ACLI, qui s’est achevée ce week-end à Florence.
Emiliano Manfredonia, président national de l’ACLI, a souligné la nécessité d’une approche politique axée sur la justice, le pardon et l’entraide, face aux conflits et aux peurs contemporaines. « La dernière perspective pour les chrétiens n’est pas la sécurité mais le salut », a-t-il déclaré. « Parce que la sécurité, construite par l’homme, risque de devenir la fermeture et le conflit ; le salut, en revanche, est un cadeau, est construit jour après jour dans la justice, pour le pardon, en soins mutuels. C’est le regard qui sert aujourd’hui, en plus des craintes, de restaurer la démocratie. »
M. Manfredonia a également mis en garde contre la tentation de diaboliser les initiatives de paix, citant l’exemple de la Flottille. Il a plaidé pour une approche plus constructive, à l’image de celle adoptée par le cardinal Zuppi, Mgr Pizzaballa et le président Mattarella, qui privilégie la médiation et la reconnaissance de la valeur de ces actions.
L’ACLI a dénoncé l’augmentation des dépenses militaires mondiales, qui atteignent des niveaux records, et les risques d’un sacrifice de l’accord vert au profit du réarmement. « Défendre la paix par la guerre est un paradoxe qui engendre dettes et insécurité pour les nouvelles générations. La paix, en revanche, est la plénitude de la vie et nécessite des politiques de justice sociale, de travail digne et de coopération internationale », a affirmé M. Manfredonia.
Par ailleurs, une étude présentée lors de cette réunion nationale révèle que les jeunes de moins de 35 ans ne sont pas indifférents à la politique, mais expriment leur engagement de manière différente. L’étude, intitulée « Ni à l’intérieur, ni contre les jeunes et la politique : les perceptions, les expériences et les conditions de participation », réalisée par l’IREF-ACLI, montre que 55,5 % des jeunes ont participé à de l’activisme en ligne au cours des 12 derniers mois, 38,3 % ont fait du bénévolat social et 38,1 % ont mené des actions directes.
L’étude souligne que l’engagement politique des jeunes se construit dès l’enfance, avec 32,5 % déclarant une double socialisation (famille et école). La précarité de l’emploi est également un facteur d’activation, avec 32,7 % des jeunes ayant travaillé au noir montrant un niveau élevé d’engagement socio-politique.
Les jeunes se montrent sélectifs dans leur confiance envers les médias, mais ne sont pas pour autant cyniques : 55 % considèrent que les informations politiques diffusées par les médias traditionnels sont « suffisamment objectives » ou « très objectives ». Ils accordent davantage leur confiance aux institutions qu’ils perçoivent comme opérationnelles et aux associations qu’aux partis politiques. Presque 68 % estiment qu’il est plus utile de s’engager dans une association que dans un parti.
Pour répondre à ces attentes, l’ACLI, en collaboration avec Aide à l’action, Agesci, Arci, Action catholique et Épidémies, a signé un pacte intergénérationnel visant à créer de nouveaux espaces de participation, gratuits, accessibles et inclusifs, et à promouvoir une nouvelle forme d’éducation politique, partant de l’école et des associations, pour nourrir la confiance, la responsabilité et l’esprit d’avenir. L’objectif est de permettre aux jeunes de devenir des acteurs actifs du changement social et démocratique, et de reconstruire les liens entre les générations et entre les citoyens et les institutions.
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