Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

États-Unis : Chris Wright Officialise Un Accord Pétrolier Au Venezuela

Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, est arrivé mardi à l’aéroport international de Maiquetia, desservant Caracas, pour engager des discussions décisives après…

États-Unis : Chris Wright Officialise Un Accord Pétrolier Au Venezuela

Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, est arrivé mardi à l’aéroport international de Maiquetia, desservant Caracas, pour engager des discussions décisives après l’annonce d’un accord énergétique d’envergure. Le déplacement de Chris Wright à Caracas fait suite à la conclusion d’un pacte qui permet à Washington d’exercer un contrôle sur une part substantielle des ressources du pays sud-américain.

Une visite ministérielle pour concrétiser l’entente pétrolière

À son arrivée, le responsable américain a indiqué aux médias que plusieurs accords seraient annoncés, prévoyant un doublement de la production pétrolière du Venezuela dans les années à venir. Le sous-sol vénézuélien abrite les plus importantes réserves de brut au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils, tandis que la production actuelle stagne autour de 1,2 million de barils par jour, loin du pic historique de plus de 3 millions de barils quotidiens.

Les termes et les enjeux géopolitiques de l’accord

Annoncé par Donald Trump le 28 août, l’arrangement prévoit que les États-Unis prennent le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves. Donald Trump a qualifié cette entente de plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale, affirmant qu’il doublerait les réserves des États-Unis. L’accord implique une prise de participation de 35 % dans North American Blue Energy Partners, la deuxième plus importante société pétrolière privée du Venezuela, propriété de l’homme d’affaires Alejandro Betancourt.

En contrepartie, cette entreprise garantira à Washington la possibilité d’acquérir à prix coûtant 20 % de sa production, destinée à être raffinée aux États-Unis dans des installations spécifiques adaptées à ce pétrole visqueux. Selon le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’initiative a pour objectif de normaliser l’économie vénézuélienne, tandis que le ministre de l’Énergie a souligné une opportunité géopolitique majeure pour contrer l’influence chinoise et russe sur ces gisements.

Soutien institutionnel à Caracas et critiques sur la transparence

À l’intérieur du pays, l’Assemblée nationale et l’armée ont officialisé leur appui au texte. La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a cherché à apaiser les inquiétudes en garantissant que le pays préserverait sa souveraineté sur les gisements exploités. Cependant, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de clarté. Le député de l’opposition Luis Emilio Rondon a ainsi exigé la remise du texte intégral pour en examiner les clauses.

Par ailleurs, des experts soulèvent de profonds doutes quant aux retombées concrètes pour la population. Vanda Felbab-Brown, analyste à la Brookings Institution, souligne que la population locale risque de percevoir l’entente comme une forme de sujétion coloniale, d’autant que les retombées financières prendront des années à se concrétiser. De son côté, Alan McPherson, spécialiste de l’Amérique latine à l’Université Temple, met en garde contre un fort risque de corruption alimenté par le manque de transparence qui entoure les dispositions nébuleuses du pacte.

Des interventions controversées et un pragmatisme transactionnel

L’entreprise dirigée par Alejandro Betancourt a fait l’objet d’enquêtes pour blanchiment d’argent. Des rapports de presse indiquent que l’administration américaine est intervenue pour limiter l’impact d’une enquête suisse et lever des restrictions de déplacement au Royaume-Uni à son encontre.

États-Unis : Chris Wright Officialise Un Accord Pétrolier Au Venezuela
Photo: journaldemontreal.com

John Polga-Hecimovich, spécialiste du Venezuela à l’Académie navale américaine, relie ces démarches à une stratégie de longue date de Washington. Il n’y a pas de morale, John Polga-Hecimovich, Académie navale américaine résume l’analyste, qui précise que cet accord intervient après l’échec des tentatives de convaincre des majors privées traditionnelles comme ExxonMobil d’investir dans les infrastructures vénézuéliennes.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.