Home DivertissementEthel Cain review – a sublime rejection of pop stardom from the shadows | Music

Ethel Cain review – a sublime rejection of pop stardom from the shadows | Music

by Antoine Girard

L’artiste américaine Ethel Cain, de son vrai nom Hayden Anhedönia, a offert un concert singulier à Paris, privilégiant l’atmosphère sombre et introspective à la mise en avant de sa personne. Loin des codes habituels de la pop, elle a délibérément choisi de se fondre dans l’ombre, offrant une performance centrée sur la musique et les émotions qu’elle suscite.

Lors de sa prestation, l’artiste de 27 ans a semblé rejeter l’attention médiatique, se tenant la majeure partie du temps dans la pénombre, éclairée uniquement par des jeux de lumière complexes. Elle est restée statique derrière un pupitre en forme de croix, évoquant davantage un sermon qu’un spectacle pop traditionnel. Cette approche, bien que surprenante, n’a pas entravé l’intensité de la soirée.

Ethel Cain avait d’ailleurs évoqué ses difficultés à trouver sa place dans l’industrie musicale actuelle lors d’une récente interview. Elle a expliqué qu’elle n’était pas opposée à la pop en soi, mais qu’elle était préoccupée par la manière dont ses thèmes sombres étaient perçus par un public habitué à une consommation rapide et superficielle : « Au final, on crée ce que l’on crée… et les gens peuvent en faire ce qu’ils veulent », a-t-elle déclaré.

La mise en scène, avec ses branches d’arbres suspendues illuminées d’une lumière orangée, créait une ambiance particulière, presque incandescente. Les effets de lumière, notamment lors du second refrain de Dust Bowl, animaient la musique et renforçaient l’atmosphère. Des titres comme Tempest, une épopée de 10 minutes, ont captivé le public grâce à ses guitares distordues et ses chœurs angéliques. Les morceaux plus expérimentaux, issus de l’album Perverts, ont transporté les spectateurs dans un univers gothique sudiste, porté par la voix cristalline d’Anhedönia et le talent de son groupe.

Ce n’est que lors de l’encore, avec une succession de Thoroughfare, Crush et American Teenager, qu’Ethel Cain s’est avancée vers le devant de la scène, acceptant pleinement le rôle de star de la pop. Ce moment de libération a été accueilli avec enthousiasme par la foule, bien que certains spectateurs aient déjà quitté la salle. L’ensemble du concert a semblé être une forme de résistance face à une culture où l’art est souvent conçu pour capter l’attention à tout prix. Un spectacle exigeant, certes, mais qui s’avère pleinement gratifiant pour ceux qui persévèrent.

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