Des physiciens de l’Université Goethe de Francfort suggèrent qu’une étoile massive, en s’effondrant, pourrait engendrer un minuscule univers en expansion plutôt qu’un trou noir. Cette étude théorique, publiée dans Physical Review D, propose que l’énergie noire stopperait l’effondrement gravitationnel pour créer un objet exotique appelé « gravastar ».
Le gravastar : une alternative à l’effondrement total
Le cycle de vie d’une étoile massive se termine généralement par une lutte perdue contre la gravité. Tant que le noyau produit de la lumière et de la chaleur via la fusion nucléaire, la pression de radiation équilibre l’attraction gravitationnelle. Mais une fois le carburant épuisé, cette pression disparaît. L’étoile s’effondre alors sous son propre poids.
La physique conventionnelle prévoit que cette masse se comprime en un point unique et sans dimension : la singularité. Cependant, comme le détaille The Times of India, une autre possibilité existe. Au lieu de devenir un trou noir, l’étoile pourrait se transformer en gravastar, ou étoile à vide gravitationnel.

Un gravastar se distingue d’un trou noir par sa structure interne. Alors que le trou noir est défini par un horizon des événements cachant une singularité, le gravastar possède une couche externe de matière ordinaire entourant un intérieur rempli d’énergie noire. Cette force, identique à celle qui accélère l’expansion de notre propre univers, génère une pression vers l’extérieur. Ce mécanisme contrebalance la gravité et stabilise l’objet, empêchant la formation d’une singularité.
La résolution mathématique de l’Université Goethe
L’apport majeur de cette recherche réside dans sa démonstration mathématique. Les physiciens Daniel Jampolski et Luciano Rezzolla ont développé ce qu’ils présentent comme la première solution dynamique aux équations de la relativité générale d’Einstein capable d’expliquer ce processus.

Leur travail, rapporté par NewsBytes, démontre comment l’effondrement d’une étoile peut déclencher la naissance d’un univers miniature. Ce cosmos miniature, propulsé par l’énergie noire, s’étendrait à l’intérieur même de l’étoile mourante.
L’équilibre s’établit lorsque la force d’expansion de l’énergie noire et la force de contraction de la matière s’annulent. Le résultat est un objet presque aussi massif et compact qu’un trou noir, ce qui rend sa détection extrêmement difficile pour les instruments actuels, car son influence gravitationnelle externe reste similaire.
Pourquoi la singularité pose problème aux physiciens
Si les trous noirs sont largement acceptés, ils constituent un cauchemar théorique. La notion de singularité implique qu’une masse équivalente à des milliards de soleils soit comprimée dans un point infiniment petit, créant une courbure infinie de l’espace-temps. À ce stade, les lois connues de la physique cessent de fonctionner.

Un autre obstacle majeur est l’horizon des événements. Comme l’indique edexlive.com, tout ce qui franchit cette frontière — matière, radiation ou lumière — disparaît pour l’observateur extérieur. Cette perte d’information rend impossible toute vérification empirique de ce qui se passe réellement au cœur d’un trou noir.
Le modèle du gravastar élimine ces paradoxes. En supprimant à la fois la singularité et l’horizon des événements, il propose un objet stable qui respecte les lois physiques sans nécessiter de points d’infini mathématiques. C’est une tentative de rendre l’astrophysique plus cohérente en remplaçant l’invisible par un mécanisme d’expansion interne.
L’existence potentielle de milliards de mini-univers
L’implication à l’échelle cosmique de cette théorie est vertigineuse. Si une fraction des étoiles massives suit ce chemin plutôt que celui du trou noir, notre propre univers pourrait être parsemé d’innombrables bulles cosmologiques.
Selon les analyses relayées par WION, des milliards de ces mini-univers pourraient être dispersés dans le cosmos. Chaque gravastar serait alors la porte d’entrée vers un espace en expansion, indépendant du nôtre, tout en restant ancré dans notre tissu spatial.
Cette hypothèse transforme notre vision des trous noirs : ils ne seraient plus nécessairement des « aspirateurs » cosmiques menant à un néant, mais potentiellement des incubateurs d’univers. Le défi reste désormais l’observation. Pour distinguer un gravastar d’un trou noir classique, les chercheurs devront identifier des signatures gravitationnelles ou radiatives subtiles qui trahiraient l’absence d’un horizon des événements.
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