Publié le 11 octobre 2025 à 10h01. La compagnie de théâtre « Tits Up », fondée par Christina Wuga et Doris Dexl, explore avec humour et lucidité les réalités souvent invisibles du travail de soins et de la maternité à travers sa nouvelle pièce « Queen Mama », jouée dans plusieurs villes d’Autriche.
- La pièce « Queen Mama » aborde les thèmes du travail de soins non rémunéré, du stress quotidien et de la pression sociale exercée sur les mères.
- Les fondatrices de « Tits Up » souhaitent déconstruire les tabous et susciter une prise de conscience collective sur les inégalités de genre.
- La compagnie propose des représentations à Saint-Veit an der Glan, Gmünd et Klagenfurt en octobre et novembre.
Avec un nom délibérément provocateur, « Tits Up » (littéralement « les seins en l’air ») revendique une approche décomplexée et féministe du théâtre. Doris Dexl, co-fondatrice de la compagnie, explique que ce titre, bien qu’humoristique, porte une signification plus profonde : « Nous voulions quelque chose de responsabilisant pour les femmes, mais il y avait aussi de l’auto-ironie et quelque chose d’humour. En anglais, les seins sont quelque chose qui va complètement mal. Vous vous allongez sur le dos et vos seins sont comme le paradis, puis vous dites que quelque chose est complètement foutu. Donc ça a complètement mal tourné. J’ai trouvé ça assez drôle, parce que le théâtre échoue toujours. »
La première production de la compagnie, « Queen Mama », ne s’est pas soldée par un échec, mais par un véritable succès lors de ses débuts au Kulturhof de Villach en septembre. La pièce met en scène les défis quotidiens des mères, souvent invisibles et sous-estimés. Christina Wuga souligne que la maternité est un sujet tellement banal, tellement intégré à la vie quotidienne, qu’il échappe souvent à l’attention : « En ce qui concerne le thème de la maternité, il y a quelque chose de tellement quotidien, décontracté, si normal et qui fait tellement partie de la vie qu’on ne le remarque pas justement pour cette raison. »
« Queen Mama » interroge les attentes de la société envers les mères. La pièce pose des questions directes au public : que doit accomplir une mère en 2025 pour être considérée comme une « reine maman » ? Est-il suffisant de s’occuper de ses enfants et de son mari, ou doit-elle également exceller dans d’autres domaines, comme la présentation esthétique des repas ou l’apparence physique ?
Doris Dexl insiste sur le fait que les problématiques soulevées par la pièce ne concernent pas uniquement les femmes : « J’ai voulu aborder ces sujets à plusieurs reprises et puis j’ai entendu, peu importe ? Et je me dis que nous sommes 51 pour cent de femmes. Ces 51 pour cent sont intéressés et chaque homme a une mère, beaucoup ont une fille, une femme, une compagne, une sœur. Ce ne sont pas seulement des problèmes de femmes. » Elle dénonce les structures patriarcales qui valorisent le travail de soins non rémunéré comme une ressource bon marché : « Le problème est bien sûr que nous sommes des travailleurs très, très bon marché qui soutiennent cette société par notre travail de soins non rémunéré, soutenant ainsi le patriarcat. Les structures patriarcales nous ont convaincus que nous sommes des concurrents. »
La pièce appelle à une plus grande solidarité entre les femmes, unissant leurs forces pour faire reconnaître leur contribution à la société. Doris Dexl témoigne d’une prise de conscience personnelle : « Je dois vraiment dire que depuis que je suis mère, je suis vraiment devenue plus favorable aux femmes. Parce qu’alors j’ai réalisé, ce que faisaient nos mères, qu’il ne s’agissait pas d’avoir le prince, mais que nous nous soutenions les uns les autres. »
« Queen Mama » sera jouée le samedi 11 octobre au Kunsthotel Fuchspalast de Saint-Veit an der Glan. D’autres dates sont prévues à Gmünd en octobre et à Klagenfurt fin novembre.
Informations pratiques
Fuchspalast Saint-Veit :
Ikult Klagenfurt :
- 28 novembre 20h00
- 29 novembre 20h00
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