L’influence des robots sur les campagnes électorales s’intensifie, selon une nouvelle étude qui révèle comment ces comptes automatisés peuvent orienter le débat public et même pousser les candidats à aborder des sujets qu’ils auraient ignorés. Des recherches récentes confirment également que les conversations avec des chatbots dotés d’intelligence artificielle peuvent modifier les opinions des électeurs.
À retenir
- Une étude de l’Université de Miami a analysé près d’un million de tweets liés aux élections de 2022 dans l’Ohio et a constaté que les robots avaient tendance à amplifier les messages négatifs et à mettre en avant certains enjeux.
- Les campagnes politiques sont plus susceptibles que les médias ou le public d’être influencées par ces robots, qui peuvent ainsi façonner l’agenda politique.
- Avec le développement rapide de l’intelligence artificielle, le phénomène s’aggrave et soulève des questions sur l’intégrité du processus démocratique.
Contexte
L’étude du Laboratoire de relations publiques politiques de l’Université de Miami, publiée le dimanche dernier, s’est concentrée sur 900 000 tweets relatifs à la course au poste de gouverneur de l’Ohio, à l’élection au Sénat américain et à 15 élections au Congrès. L’analyse a porté sur les messages provenant des candidats eux-mêmes, des journalistes et d’autres utilisateurs des réseaux sociaux.
Philip Arceneaux, professeur adjoint de communication stratégique à l’Université de Miami, souligne que les robots ne sont pas de simples éléments de bruit de fond dans le paysage politique. « La conclusion la plus significative est qu’ils ont donné un ton négatif ou une importance particulière aux problèmes dans chaque permutation que nous avons analysée », explique-t-il.
Ce qui change
L’étude révèle que les robots ont une capacité particulière à influencer les campagnes politiques en les incitant à se concentrer sur des sujets spécifiques. « Dans une certaine mesure, ils ont poussé les campagnes à parler de ce sujet plus qu’elles ne le souhaiteraient peut-être de leur propre chef », précise Philip Arceneaux.
Par ailleurs, des recherches récentes publiées dans les revues Nature et Science montrent que les conversations avec des chatbots basés sur l’intelligence artificielle peuvent effectivement modifier les points de vue des participants et les amener à changer leurs préférences en matière de candidats, avec des variations allant de quelques points de pourcentage à plus de dix points.
L’évolution de l’intelligence artificielle rend la situation encore plus préoccupante. « Nous ne savons pas qui dirige ces fermes de robots », s’inquiète Philip Arceneaux. « Nous n’avons plus nécessairement les meilleures idées qui arrivent au sommet, car ils ont des moyens techniques pour briser ce processus, n’est-ce pas ? Ce n’est plus une sélection naturelle. C’est une sélection artificielle par qui a, qui peut contrôler le plus de robots. »
Prochaines étapes
Les chercheurs prévoient que les robots seront omniprésents sur la plupart des plateformes de réseaux sociaux d’ici 2026. Il est donc crucial de surveiller de près l’évolution de ce phénomène et de développer des stratégies pour contrer leur influence potentiellement néfaste sur le processus démocratique.
Chiffres clés
| Nombre de tweets analysés | 900 000 |
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Sources
Étude du Laboratoire de relations publiques politiques de l’Université de Miami.
Études publiées dans les revues Nature et Science.
