Home SantéÉtude de la NASA : il est inquiétant de constater que la Terre est devenue plus sombre au cours des quatre dernières années

Étude de la NASA : il est inquiétant de constater que la Terre est devenue plus sombre au cours des quatre dernières années

by Sophie Martin

Publié le 16 décembre 2025 09:03:00. Une étude récente révèle que la Terre absorbe de plus en plus d’énergie solaire, en particulier dans l’hémisphère Nord, en raison d’une diminution de sa capacité à réfléchir la lumière du soleil. Ce phénomène, bien que subtil, pourrait accélérer le réchauffement climatique et avoir des conséquences importantes sur les calottes glaciaires et les courants océaniques.

  • L’hémisphère Nord s’assombrit plus rapidement que l’hémisphère Sud, entraînant une absorption accrue de chaleur.
  • Deux facteurs principaux expliquent cette tendance : la diminution de l’albédo (réflectivité de la surface terrestre) et la réduction des aérosols atmosphériques.
  • Les scientifiques mettent en garde contre les solutions artificielles visant à augmenter la réflectivité atmosphérique, soulignant l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Des observations menées entre 2001 et 2024 montrent que la Terre devient progressivement moins réfléchissante, absorbant ainsi davantage d’énergie solaire. Ce changement n’est pas uniforme : l’hémisphère Nord enregistre une baisse de la réflectivité plus marquée que l’hémisphère Sud. Cette disparité entraîne une accumulation de chaleur supplémentaire dans les régions autrefois couvertes de glace et de neige, accélérant leur fonte.

En moyenne, la Terre reçoit et gère entre 240 et 243 watts d’énergie solaire par mètre carré (W/m2) au niveau de ses limites atmosphériques. Les chercheurs ont constaté une différence de réflectivité d’environ 0,34 W/m2 par décennie entre les deux hémisphères. Bien que cette valeur puisse sembler faible, les scientifiques insistent sur le fait que le changement climatique est souvent le résultat de l’accumulation de petites variations continues.

L’énergie supplémentaire retenue chaque année peut influencer divers éléments du système terrestre, notamment la durée des saisons de glace de mer, l’étendue de la couverture neigeuse, la formation des nuages, les schémas des vents et les courants océaniques. Tous ces facteurs interagissent et amplifient le réchauffement initial.

Normalement, l’atmosphère et les océans agissent comme un régulateur en transférant la chaleur vers l’équateur, réduisant ainsi les différences de température entre les hémisphères. Cependant, au cours des deux dernières décennies, ce mécanisme naturel peine à compenser le rythme d’assombrissement observé dans l’hémisphère Nord.

Deux causes principales

L’étude identifie deux facteurs principaux expliquant l’augmentation de l’absorption d’énergie solaire : une diminution de l’albédo, c’est-à-dire la capacité de la surface terrestre à réfléchir la lumière du soleil, et des changements dans la composition de l’atmosphère.

Les surfaces claires, comme la glace de mer, la neige et le sommet des nuages, agissent comme des réflecteurs naturels. Lorsque ces zones diminuent et sont remplacées par des océans sombres ou des terres découvertes, une plus grande proportion de l’énergie solaire est absorbée. Dans l’hémisphère Nord, la réduction des chutes de neige printanières et la fonte de la banquise arctique estivale sont les principaux contributeurs. Ce passage de surfaces blanches à sombres augmente non seulement l’absorption de chaleur, mais rend également plus difficile la reconstitution de la glace et de la neige la saison suivante, illustrant un exemple typique de rétroaction positive en matière de climat.

Le deuxième facteur est lié à l’atmosphère, plus précisément aux aérosols, de fines particules qui diffusent la lumière et jouent un rôle dans la formation des nuages. Dans l’hémisphère Nord, les concentrations d’aérosols ont considérablement diminué en raison de réglementations plus strictes en matière de qualité de l’air en Amérique du Nord, en Europe et dans certaines régions de l’Asie de l’Est. Cette amélioration de la qualité de l’air est bénéfique pour la santé humaine, mais elle réduit également la capacité des nuages à réfléchir la lumière du soleil, diminuant ainsi la réflectivité globale de l’atmosphère.

À l’inverse, l’hémisphère Sud a connu une augmentation occasionnelle des aérosols en raison d’événements naturels, tels que les vastes incendies de forêt en Australie et l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai. Ces événements augmentent temporairement la réflectivité atmosphérique dans l’hémisphère Sud, accentuant ainsi le contraste avec le Nord.

Ces résultats sont importants pour le développement de modèles climatiques, en particulier pour mieux comprendre le rôle des aérosols dans la formation des nuages et l’impact des changements nuageux sur les océans de plus en plus chauds et moins couverts de glace. La persistance de cette inégalité de réflectivité, avec l’assombrissement de l’hémisphère Nord, détermine où la chaleur s’accumule et à quelle vitesse les calottes glaciaires, les glaciers de montagne et le pergélisol réagissent au réchauffement climatique.

Les chercheurs mettent en garde contre les tentatives de “clarifier” artificiellement le ciel par la pollution, soulignant que les aérosols ont une durée de vie courte dans l’atmosphère, contrairement au dioxyde de carbone, qui peut persister pendant des siècles. La conclusion de l’étude est claire : la Terre devient plus sombre, en particulier dans l’hémisphère Nord, ce qui signifie qu’une plus grande quantité d’énergie solaire est retenue chaque année. Ce changement, bien que discret, constitue un signal d’alerte persistant. Dans le contexte du climat, un signal faible mais constant peut avoir un impact considérable.

Cette étude a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

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