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by Sophie Martin

Une nouvelle étude révèle que les jeunes filles et adolescentes paraguayennes enceintes, souvent suite à des violences sexuelles, des mariages précoces ou des unions forcées, sont confrontées à un cercle vicieux de pauvreté, de discrimination et d’exclusion scolaire. Les conséquences de ces grossesses précoces entravent leur développement et perpétuent les inégalités sociales, selon les conclusions de la recherche.

Réalisée par FLACSO Paraguay et Plan International dans les communautés de Guairá, Paraguarí, San Pedro et Asunción, l’étude s’appuie sur une centaine d’entretiens menés auprès de mères adolescentes, de leurs parents, d’enseignants et de responsables communautaires. Les résultats mettent en évidence que la grossesse à l’adolescence n’est pas un incident isolé, mais un symptôme de problèmes structurels profonds liés à la violence et aux inégalités.

De nombreux témoignages révèlent que ces grossesses surviennent dans des contextes d’abus sexuels et de relations coercitives avec des hommes plus âgés. « Ces situations leur volent le droit à une adolescence épanouie et en sécurité », soulignent les auteurs de l’étude.

La stigmatisation et les moqueries au sein des établissements scolaires sont des facteurs majeurs qui poussent de nombreuses jeunes filles à abandonner leurs études. Emilia, 17 ans, mère à 15 ans, témoigne : « Je voulais retourner à l’école, mais j’avais honte. J’avais peur qu’on se moque de moi. »

L’étude constate également une absence fréquente de la figure paternelle dans l’éducation des enfants, ce qui exacerbe les inégalités et laisse les mères adolescentes seules face aux difficultés quotidiennes. Par ailleurs, les attentes traditionnelles en matière de genre continuent de confier aux filles et aux femmes la quasi-totalité des responsabilités liées à la garde des enfants, limitant ainsi leurs opportunités d’éducation.

Sabrina, 22 ans, tombée enceinte à 17 ans, explique : « Je dois tout faire (…) même quand je suis malade, je me lève parce que j’ai des responsabilités avec mon fils. »

Face à cette situation, l’étude appelle à un renforcement des politiques publiques visant à protéger les filles et les adolescentes contre la violence et l’exclusion scolaire. Les recommandations incluent la mise en place de programmes de santé complets, un soutien psychosocial adapté et une éducation axée sur les droits et l’égalité des sexes.

« Chaque fille a le droit de continuer à rêver et à étudier, quelle que soit sa situation de maternité ou de grossesse. Lorsqu’une fille est contrainte d’abandonner l’école, c’est toute la société qui en subit les conséquences », a déclaré Noelia Errecarte, représentante de Plan International Paraguay.

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