Publié le 27 octobre 2024. Les équipes de la mission Sentinel-1D se sont entraînées à Darmstadt, en Allemagne, à faire face à une tempête géomagnétique extrême, simulant un événement comparable à celui de Carrington en 1859, afin de tester leur préparation face à un risque croissant d’événements solaires majeurs.
À l’approche du lancement de Sentinel-1D, prévu le 4 novembre, les équipes chargées de cette mission spatiale s’immergent dans des simulations intensives au Centre européen d’opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne. Ces exercices visent à anticiper les premiers instants du satellite en orbite et à se préparer à d’éventuelles anomalies.
Récemment, un scénario particulièrement extrême a été mis en place. Les opérateurs ont simulé les conséquences d’une tempête géomagnétique d’une ampleur comparable à l’événement de Carrington de 1859, la plus puissante tempête géomagnétique dont l’histoire conserve une trace. L’exercice, orchestré par l’Agence spatiale européenne (ESA), a permis de tester la résilience des équipes face à des conditions opérationnelles sévères.
La simulation a plongé les équipes de Sentinel-1D dans un chaos inédit : perte de communication, défaillance des systèmes de navigation, arrêt de l’électronique et menace de collisions entre satellites. La tempête géomagnétique simulée a notamment neutralisé les systèmes radar, le GPS et les stations de suivi au sol, en particulier dans les régions polaires.
« Si un tel événement se produisait, il n’existe pas de solutions idéales. »
Thomas Ormston, directeur adjoint des opérations du vaisseau spatial Sentinel-1D
Selon Thomas Ormston, l’objectif principal serait alors d’assurer la sécurité du satellite et de minimiser les dommages. Les experts soulignent que la question n’est pas de savoir si un tel événement se produira, mais quand. Le risque d’une tempête solaire dévastatrice est donc bien réel et nécessite une préparation accrue.
L’ESA s’efforce de rendre ces simulations aussi réalistes que possible, en impliquant de nombreux acteurs et en coordonnant les différents moyens disponibles pour faire face à de telles situations. Pour cette simulation, le Centre pour la sécurité dans l’espace, relevant du Bureau de météorologie spatiale de l’ESA, a été activé de manière exceptionnelle. D’autres autorités et missions de l’ESA ont également participé à cet exercice, qui serait crucial en cas de crise réelle.
