Stockholm – La présidente du Parti du centre suédois, Anna-Karin Hatt, a annoncé son intention de démissionner de son poste lors du prochain congrès du parti, prévu mi-novembre à Karlstad. Cette décision intervient après des mois de menaces et de harcèlement dont la dirigeante politique se dit profondément affectée.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 15 octobre, Anna-Karin Hatt, 52 ans, a expliqué que la haine dont elle était victime avait dépassé ses attentes. Elle a souligné un durcissement général du climat social au cours des dix dernières années, où le harcèlement ne se limite plus aux « trolls derrière les écrans ».
« La haine et les menaces proférées à mon encontre m’affectent bien plus que ce que j’avais imaginé », a déclaré la dirigeante centriste. Dans une lettre adressée aux membres de son parti, elle décrit un quotidien marqué par la peur et l’incertitude : « J’ai constamment l’impression de devoir regarder par-dessus mon épaule et je ne sais pas ce qui m’attend quand je vais chercher mon courrier. »
Bien qu’elle n’ait pas précisé l’origine des menaces, cette annonce intervient dans un contexte de harcèlement croissant envers les personnalités politiques suédoises, notamment celles de centre et de gauche. Annie Lööf, qui a dirigé le Parti du centre de 2011 à 2023, avait déjà dénoncé le harcèlement dont elle avait été victime de la part de l’extrême droite pendant des années. Après les élections législatives de septembre 2022, elle avait exprimé son « soulagement de ne pas avoir été blessée » pendant la campagne et sa « gratitude de pouvoir aller chercher [sa] fille aînée à la garderie » au lendemain du scrutin.
Anna-Karin Hatt a été nommée à la tête du Parti du centre en mai dernier et avait auparavant occupé le poste de ministre de l’énergie entre 2011 et 2014.
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