Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Facteurs de risque de sepsis associés à la néphrostomie identifiés

Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle étude met en lumière les facteurs de risque de complications graves, notamment la septicémie et le décès, chez les patients atteints de cancer subissant une néphrostomie pour débloquer des voies urinaires…

Facteurs de risque de sepsis associés à la néphrostomie identifiés

Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle étude met en lumière les facteurs de risque de complications graves, notamment la septicémie et le décès, chez les patients atteints de cancer subissant une néphrostomie pour débloquer des voies urinaires obstruées. L’identification précoce des patients à risque pourrait permettre une meilleure prise en charge et améliorer leur pronostic.

  • Un taux de plaquettes postopératoire bas, une créatinine élevée et une diminution des neutrophiles et des lymphocytes sont associés à un risque accru de septicémie.
  • La présence de graisse autour des reins, visible à l’imagerie médicale, et l’admission en soins intensifs sont également des facteurs de risque importants.
  • Le diabète, la prise de médicaments immunosuppresseurs et certains types de cancer (non urologiques) sont liés à une mortalité plus élevée.

La pose d’une sonde de néphrostomie, une intervention chirurgicale visant à drainer l’urine lorsque les voies urinaires sont bloquées, est une pratique courante en oncologie. Bien que souvent nécessaire, cette procédure n’est pas sans risque, notamment celui d’infections sévères et de décès. Une étude rétrospective menée sur un groupe de patients atteints de cancer a permis d’identifier les éléments qui prédisposent à ces complications.

Les chercheurs ont analysé les données de 173 patients ayant bénéficié d’une néphrostomie en raison d’une obstruction urinaire liée à une tumeur maligne, dans un seul centre hospitalier. L’âge moyen des patients était de 62,5 ans, et la majorité étaient des hommes. L’étude a révélé que plusieurs marqueurs biologiques étaient significativement associés au développement d’une septicémie. Les patients ayant développé une septicémie présentaient, après l’intervention, un nombre de plaquettes plus faible, des taux de créatinine plus élevés (indicateur de la fonction rénale) et une diminution du nombre de neutrophiles et de lymphocytes, des types de globules blancs essentiels au système immunitaire.

Un indicateur particulièrement pertinent s’est avéré être le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR). Un NLR bas était significativement observé chez les patients ayant développé une septicémie. Parallèlement, les biomarqueurs inflammatoires, tels que la procalcitonine et la protéine C-réactive (CRP), étaient nettement plus élevés chez ces patients. L’analyse d’imagerie médicale a également mis en évidence un facteur de risque : la présence d’accumulation de graisse autour des reins (graisse périrénale). L’admission en unité de soins intensifs (USI) était également associée à un risque accru de septicémie.

L’étude a également identifié des facteurs prédictifs de mortalité, qui recoupent en partie ceux liés à la septicémie, mais présentent des nuances. Un nombre réduit de lymphocytes avant et après l’intervention, ainsi que des taux élevés de procalcitonine, étaient significativement associés à un décès. De plus, des taux postopératoires élevés de NLR, de créatinine et de CRP étaient corrélés à un risque accru de mortalité. Des facteurs liés à l’état de santé général des patients, tels que le diabète sucré, la prise de médicaments immunosuppresseurs, l’admission en USI et la présence de tumeurs malignes non urologiques, étaient également associés à un pronostic moins favorable.

Selon les auteurs, cette combinaison de marqueurs inflammatoires, de paramètres hématologiques, de résultats d’imagerie et de conditions médicales préexistantes pourrait permettre d’identifier les patients présentant un risque élevé de septicémie et de décès après une néphrostomie. Ils soulignent l’importance d’une stratification précoce des risques, basée sur des données cliniques facilement accessibles, afin de mettre en place une surveillance plus étroite et des stratégies de gestion ciblées, et ainsi améliorer les résultats pour ces patients vulnérables.

Référence

Uğur R et al. Sepsis associé à la néphrostomie chez les patients cancéreux : quels sont les facteurs de risque ? Une étude de cohorte rétrospective. Nouveau J Urol. 2025;20(3):149-158.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.