Publié le 6 décembre 2025 à 10h34. La pénurie de sardines, exacerbée par le changement climatique, provoque une famine massive chez les manchots d’Afrique australe, avec plus de 60 000 individus décédés.
La situation est alarmante pour les manchots africains, une espèce déjà classée comme vulnérable. L’effondrement des stocks de sardines, leur principale source de nourriture, a entraîné une mortalité massive, particulièrement préoccupante avant la période de reproduction.
Entre 2004 et 2011, plus de 95 % des manchots africains des îles Dassen et Robben sont morts pendant leur mue, une période de trois semaines durant laquelle ils jeûnent lorsqu’ils remplacent leurs plumes. Selon les chercheurs, cette situation pourrait se reproduire à grande échelle.
La crise climatique et la surpêche sont pointées du doigt comme les principales causes de la diminution drastique des stocks de sardines. L’Independent explique que les changements de température et de salinité de l’eau empêchent la reproduction des poissons.
« Après la période de reproduction, les manchots doivent rapidement reconstituer leurs réserves d’énergie. Si la nourriture est difficile à trouver avant ou immédiatement après la reproduction, ils n’auront pas suffisamment de réserves pour survivre au jeûne. »
Richard Sherley, Centre d’écologie et de conservation de l’Université d’Exeter
Les populations de manchots africains ont déjà diminué de près de 80 % au cours des trois dernières décennies. Une étude publiée dans Ostrich: Journal of African Ornithology révèle que 62 000 oiseaux nicheurs ont péri après que les stocks de sardines à l’ouest du cap Agulhas aient chuté à seulement 25 % de leur niveau maximal observé.
Face à cette situation critique, des chercheurs ont mis en place des mesures innovantes pour aider les manchots. Ils utilisent des mannequins de pingouins, des reproductions réalistes, combinés à des enregistrements sonores, pour attirer les oiseaux marins vers des zones plus sûres le long de la côte sud-africaine, à l’abri des prédateurs et de l’activité humaine.
Les scientifiques craignent que, si les conditions actuelles persistent, les espèces indigènes de manchots d’Afrique ne disparaissent complètement d’ici une décennie.
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