L’ancien président Donald Trump a annoncé une initiative visant à rendre l’accès au logement plus abordable en demandant à Fannie Mae et Freddie Mac d’investir massivement dans des titres adossés à des créances hypothécaires. Cette décision intervient alors que le marché immobilier reste sensible à la hausse des taux d’intérêt.
Selon un message publié sur son réseau social Truth Social, M. Trump estime que ces deux entités disposent collectivement de 200 milliards de dollars (environ 186 millions d’euros) disponibles. Il a donc ordonné à Fannie Mae et Freddie Mac d’utiliser ces fonds pour acquérir 200 milliards de dollars d’obligations hypothécaires, dans l’espoir de stimuler la demande et de faire baisser les taux hypothécaires.
Actuellement, Fannie Mae et Freddie Mac détiennent environ 225 milliards de dollars (environ 210 millions d’euros) de titres hypothécaires, un portefeuille qui a augmenté de 25 % au cours des six derniers mois. Les experts estiment que cette nouvelle injection de fonds pourrait entraîner une baisse des taux hypothécaires comprise entre 0,10 et 0,50 point de pourcentage. Il est important de noter que le marché des prêts hypothécaires d’agence représente un volume total d’environ 9 000 milliards de dollars (environ 8 400 milliards d’euros), ce qui signifie que les 200 milliards de dollars annoncés ne représentent qu’environ 2 % de ce marché.
Parallèlement à cette mesure, l’ancien président Trump a exprimé son intention de limiter l’acquisition de maisons unifamiliales par les grands investisseurs institutionnels. Il a même appelé le Congrès à adopter une législation interdisant cette pratique. On estime que ces investisseurs détiennent actuellement environ 450 000 logements, dont une part importante est contrôlée par des acteurs majeurs tels que Progress Residential (filiale de Pretium Partners, avec près de 100 000 logements) et Invitation Homes (une société d’investissement immobilier cotée en bourse issue de Blackstone, qui possède entre 85 000 et 90 000 logements). American Homes 4 Rent et Blackstone suivent également de près.
Bien qu’une telle interdiction puisse avoir un impact marginal, elle ne concernerait pas les petits propriétaires individuels. Les données de John Burns Research montrent que les investisseurs ont acquis 25 % des maisons vendues l’année dernière, une proportion qui inclut également des acheteurs individuels et non uniquement de grandes institutions.
Concernant la conjoncture économique, les derniers chiffres de l’emploi publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS) indiquent la création de 50 000 emplois le mois dernier, avec un taux de chômage stable à 4,4 %. Cependant, les données des deux mois précédents ont été revues à la baisse, avec une perte nette de 74 000 emplois. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale (Fed), a souligné que les estimations initiales du BLS pourraient être surestimées d’environ 60 000 emplois, ce qui suggère que la création nette d’emplois pourrait être plus faible que prévu.
L’attention du marché se porte désormais sur l’inflation. Le BLS publiera mardi prochain son rapport sur l’indice des prix à la consommation (IPC). Les prévisions actuelles tablent sur une augmentation de 0,2 %, ce qui réduirait le taux d’inflation annuel de 0,1 point de pourcentage, à 2,6 %. Mercredi, une hausse de 0,2 % est également attendue pour l’indice des prix à la production (IPP), avec une augmentation de 0,3 % envisagée. Les ventes au détail du mois de décembre, qui seront publiées prochainement, fourniront des indications sur la dynamique des dépenses de consommation pendant la période des fêtes. Compte tenu de la faiblesse actuelle de la confiance des consommateurs, les analystes s’attendent à des chiffres de ventes au détail décevants.
Le secteur bancaire ouvrira la saison des résultats du quatrième trimestre mardi, avec la publication des chiffres de JPMorgan Chase. De nombreux responsables de la Fed prendront également la parole cette semaine, permettant aux investisseurs d’évaluer les perspectives de la prochaine réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) du 28 janvier. Un nouveau rapport sur l’IPC inférieur aux attentes pourrait justifier une nouvelle hausse des taux d’intérêt lors de cette réunion.