Publié le 10 novembre 2025 à 11 h 00. Alors que le basketball québécois connaît une ascension fulgurante avec des joueurs de plus en plus présents dans la NBA, un nom se distingue particulièrement parmi les jeunes espoirs : celui de Félix Kossaras, de l’Université du Colorado.
L’identification des futurs talents québécois en basketball n’a pas été une mince affaire. Contrairement à la scène du hockey, où un consensus se dégageait facilement autour de quelques noms, le palmarès des basketteurs prometteurs a révélé une multitude de candidats. Sept joueurs ont reçu des votes pour la première place, et une vingtaine d’autres ont été cités, témoignant de la richesse de la relève. Pourtant, un nom est revenu plus souvent que les autres : Félix Kossaras.
Âgé de 20 ans, Kossaras suit les traces de joueurs québécois ayant réussi le saut vers la NBA, comme Luguentz Dort, Bennedict Mathurin et Olivier-Maxence Prosper. Comme eux, il a débuté sa carrière sur les terrains de Montréal et a intégré le programme Brookwood Elite avant de choisir de poursuivre son développement dans le système universitaire américain, en première division de la NCAA.
PHOTO DAVID PURDY, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Félix Kossaras (à droite)
« Pour les jeunes de Montréal, souligne Félix Kossaras, ces gars-là sont des modèles. Ils nous montrent le chemin à suivre. Ils nous inspirent. Ils nous prouvent que si tu viens de Montréal, tu peux réussir, toi aussi. »
Kossaras a grandi dans une famille de basketteurs, son père ayant évolué au niveau collégial au Québec. Il a appris les rudiments du jeu en jouant avec ses frères aînés, une expérience qu’il évoque avec nostalgie. « C’est en regardant mes frères aînés que j’ai appris à jouer, raconte-t-il. On a passé beaucoup de temps ensemble, à jouer l’un contre l’autre. C’est comme ça que mon amour pour le basket est né. Ils gagnaient tout le temps, jusqu’à ce que je grandisse un peu et que je sois capable de rivaliser avec eux. C’était ma source de motivation. »
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Luguentz Dort en visite à Montréal avec le trophée Larry O’Brien cet été après la victoire de son équipe en finale de la NBA

Kossaras estime que ces heures passées à jouer avec ses frères lui ont donné « un gros coup de pouce » pour devenir un des meilleurs joueurs de son âge au Québec. Il se souvient :
« J’ai toujours pensé que j’avais une chance de percer, parce que j’étais plutôt doué. Mais c’est vers l’âge de 16 ans que j’ai réalisé qu’en travaillant très fort et en me consacrant pleinement à mon sport, je pourrais peut-être me rendre loin. »
Félix Kossaras
En 2022, il a eu l’honneur de participer à la Coupe du monde des moins de 17 ans, aux côtés d’Olivier Rioux, qui occupe la deuxième place du palmarès établi par La Presse. L’année suivante, il a été invité au camp Basketball Without Borders à Salt Lake City, un rassemblement réservé à 40 des meilleurs espoirs mondiaux, devenant le seul représentant du Québec à cette occasion.
PHOTO CHARLIE RIEDEL, ARCHIVES PRESSE ASSOCIÉE
Félix Kossaras

Après un passage de deux ans à Fort Erie, une école préparatoire ontarienne fréquentée par plusieurs joueurs figurant dans le palmarès de La Presse, Kossaras a rejoint l’automne dernier les Buffaloes de l’Université du Colorado. L’équipe venait de réaliser sa meilleure saison et avait vu trois de ses joueurs titulaires être repêchés par la NBA. Les entraîneurs étaient donc à la recherche de renforts.
Kossaras a participé à 29 des 35 matchs de la saison, connaissant des hauts et des bas, comme c’est souvent le cas pour les recrues. Son entraîneur-chef, Tad Boyle, a déclaré en décembre dernier : « Felix sera un grand joueur au Colorado. Pas juste un bon joueur. Un grand joueur. Je le crois vraiment. Parce qu’il a le physique. Parce qu’il a la mentalité. Il a les capacités défensives pour jouer dans [la conférence] Big 12. Mais comme la plupart des étudiants de première année, il manque encore de régularité. »
Au fil des matchs, Kossaras a trouvé ses marques, affichant de belles performances notamment contre Villanova (9 points) et West Virginia (7 points). Il se distingue par sa polyvalence.
« Je peux faire un peu de tout. Peu importe la situation, je m’adapte. Je suis fier de mon jeu défensif. Je suis un gars qui fonce jusqu’au panier. Je suis capable de réussir des tirs de trois points, de créer des ouvertures et de bien lire le jeu. »
Félix Kossaras
PHOTO CHARLIE RIEDEL, ARCHIVES PRESSE ASSOCIÉE
Félix Kossaras

Cette saison, Kossaras ambitionne de remporter le tournoi du Big 12 et de participer au March Madness, le prestigieux tournoi universitaire américain qui regroupe les 68 meilleures équipes du pays. À plus long terme, il souhaite continuer à représenter le Canada sur la scène internationale, comme il l’a fait l’été dernier avec l’équipe nationale des moins de 23 ans lors de l’événement GLOBL JAM, et rêve de rejoindre un jour Luguentz Dort, Bennedict Mathurin, Chris Boucher et Olivier-Maxence Prosper dans la NBA.
En évoluant en première division au Colorado, Félix Kossaras prouve déjà aux jeunes Québécois que le travail acharné et la persévérance peuvent ouvrir les portes du succès.
À PROPOS DES PROCHAINS
Cet automne, La Presse a lancé un grand chantier : identifier les meilleurs espoirs québécois au basketball, au football et au soccer. Pour nos palmarès masculin et féminin, nous avons sollicité des entraîneurs des équipes universitaires et collégiales du Québec, des recruteurs ainsi que des personnes qui gravitent autour du programme d’excellence de Basketball Québec. Les joueurs devaient avoir entre 17 et 24 ans et ne pas avoir disputé un match officiel dans les rangs professionnels.
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