Publié le 2024-02-29 14:35:00. Devenir « FIFO » – Fly-In Fly-Out – attire de plus en plus de Français en quête de revenus élevés, notamment en Australie, mais cette formule d’emploi temporaire à distance comporte des risques pour la santé physique et mentale.
- Le travail FIFO, caractérisé par de longues périodes de travail suivies de courtes périodes de repos, permet de gagner jusqu’à 79 600 € par an.
- Cal McIlwaine, un ancien événementiel irlandais, témoigne de son expérience dans une mine d’or en Australie et partage ses conseils.
- Malgré les mesures de sécurité mises en place, le travail FIFO reste intrinsèquement dangereux et exige une bonne préparation.
Le FIFO, acronyme de « Fly-In Fly-Out » (voler pour travailler, voler pour rentrer), est une formule d’emploi qui séduit de plus en plus de personnes à la recherche d’opportunités professionnelles à l’étranger. Cette pratique, qui existe depuis des siècles, consiste à travailler sur des sites isolés, souvent dans le secteur des mines ou de la construction, pendant des périodes déterminées, avec des vols réguliers entre le lieu de travail et le domicile. L’Australie est depuis longtemps une destination privilégiée pour les travailleurs FIFO.
Cal McIlwaine, originaire de Lisburn en Irlande du Nord, a embrassé cette vie nomade après avoir perdu son emploi d’organisateur d’événements à Belfast suite à la pandémie de Covid-19. Il a toujours rêvé de voyager et l’Australie lui est apparue comme une solution idéale. Contre toute attente, et malgré un manque d’expérience dans le domaine de la mécanique, il a décroché un poste FIFO à Perth en seulement 28 jours après son arrivée.
Son quotidien est intense. Il décrit ses journées comme suit :
« Nous quittons le camp à quatre heures et demie du matin. Nous commençons à 5 heures et je travaille ensuite 12 heures. Je travaille 84 heures par semaine, soit 12 heures pendant sept jours consécutifs, et je fais cela pendant deux semaines d’affilée. »
Cal McIlwaine, travailleur FIFO
Mais ces efforts sont récompensés financièrement. Au cours de sa première année, McIlwaine a gagné 141 000 AUD (environ 79 600 €) en neuf mois de travail, avec deux mois de congé pour les fêtes de fin d’année. Il souligne l’avantage de coûts de vie quasi nuls pendant ses périodes de travail :
« Pendant ma première année, je ne louais nulle part à Perth – tout mon salaire allait directement dans ma poche. Je ne payais ni loyer, ni nourriture. Chaque fois que vous êtes ici, votre logement est payé, vos vols sont payés, et vous pouvez dépenser absolument aucun dollar pendant tout votre séjour. »
Cal McIlwaine, travailleur FIFO
Cependant, le FIFO n’est pas sans risques. Des inquiétudes grandissantes concernent l’impact de ce mode de vie sur la santé physique et mentale des travailleurs. Le gouvernement australien a d’ailleurs mis en place une politique de soutien aux travailleurs FIFO dès 2015.
McIlwaine reconnaît les dangers potentiels de son travail, mais insiste sur les protocoles de sécurité rigoureux en place et l’accès à des services de soutien, notamment psychologique.
« Il y a toutes ces différentes choses mises en place pour essayer d’atténuer les dangers. Mais tout sur le site a une chance de vous tuer. Des gens meurent. Des accidents se produisent dans n’importe quel type de travail. Mais tout est énorme ici : il y a beaucoup de pression dans les tuyaux et beaucoup de choses peuvent mal tourner. C’est donc dangereux. Ils essaient d’atténuer les dangers du mieux qu’ils peuvent, mais il n’y a aucun moyen de tout éliminer complètement. »
Cal McIlwaine, travailleur FIFO
Fort de son expérience, McIlwaine s’est transformé en une sorte d’ambassadeur du FIFO, répondant aux questions sur les réseaux sociaux et proposant même un guide complet sous forme de livre électronique disponible sur son site web : calmcilwaine.com.
Pour écouter l’intégralité de l’entretien avec Cal McIlwaine, consultez le dernier épisode de Money Talks, disponible sur toutes les principales plateformes de podcasts : Épisode Money Talks sur Spotify.
Le contenu de ce podcast est à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation de produit d’investissement.
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