Les fonds multi-stratégies ont surperformé les fonds de fonds de hedge funds ces dernières années, une tendance qui soulève des questions sur l’efficacité des indices traditionnels et l’impact des nouvelles contraintes réglementaires sur les produits alternatifs liquides.
Jusqu’à la crise de 2020-2021, les rendements ajustés au risque des grands fonds multi-stratégies étaient comparables à ceux de l’indice HFRI Fund of Funds, une fois les frais de gestion superposés pris en compte. Cependant, au cours des cinq dernières années, le ratio de Sharpe des fonds multi-stratégies a presque doublé par rapport à celui d’un fonds de hedge funds typique.
Cette surperformance s’explique en grande partie par la capacité des fonds multi-stratégies à ajuster plus efficacement leurs portefeuilles en fonction de l’évolution des opportunités de marché. L’analyse de la performance, en fonction du bêta boursier, de l’alpha tactique (modifications de l’allocation d’actifs entre les principaux marchés) et de l’alpha de position (principalement la sélection de titres et les primes de liquidité), révèle cette agilité.
Les gestionnaires les plus sophistiqués, y compris les principaux fonds de fonds, ont amélioré leur aptitude à réorienter leurs investissements entre les différentes stratégies, en s’appuyant sur les analyses des gestionnaires sous-jacents. Une étude portant sur des dizaines de portefeuilles réels a mis en évidence une surperformance constante de 300 points de base, voire plus, par rapport aux indices. Les meilleurs allocateurs se comportent ainsi davantage comme des fonds multi-stratégies que comme de simples réplicateurs d’indices.
L’impression que les indices de hedge funds, avec leurs pondérations relativement fixes, génèrent des performances décevantes est justifiée. On peut établir une analogie avec l’indice S&P 500, qui surpondérerait excessivement les valeurs industrielles en période d’essor technologique. L’expérience a montré que la réplication des fonds de fonds et des indices liquides, et même leur surperformance, n’a pas permis d’atteindre les rendements absolus escomptés avant la crise de 2020-2021.
Des interrogations légitimes se posent quant à la capacité des nouveaux produits alternatifs liquides, lancés avec de nombreuses contraintes, à répondre aux attentes des investisseurs en 2026-2027. Dans certaines stratégies, comme les actions long/short, l’impact de ces contraintes devrait être limité. Toutefois, dans un modèle diversifié, tel que celui utilisé par les fonds communs de placement multi-gestionnaires alternatifs, l’influence des réglementations sur la performance devrait être beaucoup plus marquée.
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