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Forbes : Poutine peut « radier » Lavrov

by Clara Dubois

Publié le 10 novembre 2023 à 21h04. Des absences remarquées et un échec diplomatique pourraient fragiliser la position de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, au sein du Kremlin, selon des experts.

  • Sergueï Lavrov a manqué plusieurs réunions importantes ces dernières semaines, dont une réunion du Conseil de sécurité russe le 5 novembre.
  • Il ne fera pas partie de la délégation russe au sommet du G20 en Afrique du Sud fin novembre, remplacé par Maxime Orechkine.
  • Un échec dans les négociations avec l’administration Trump après la rencontre Poutine-Trump en Alaska pourrait être à l’origine de ce discrédit.

Des interrogations se posent quant à l’avenir de Sergueï Lavrov au sein du gouvernement russe. Le ministre des Affaires étrangères, figure emblématique de la diplomatie russe pendant de nombreuses années, a récemment été absent de plusieurs événements clés, alimentant les rumeurs d’un possible désaccord avec Vladimir Poutine.

Ilan Berman, vice-président principal du Conseil de politique étrangère des États-Unis et spécialiste de la sécurité régionale au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Russie, estime que ces absences pourraient être le signe d’un mécontentement croissant de la part du président russe. Selon lui, un événement précis pourrait être à l’origine de ce revirement.

Lavrov, longtemps considéré comme un fidèle exécutant des ordres de Poutine et un ardent défenseur de l’idéologie du Kremlin à l’étranger, n’était notamment pas présent lors de la réunion du Conseil de sécurité russe le 5 novembre. De plus, il ne participera pas au prochain sommet du G20 qui se tiendra en Afrique du Sud à la fin du mois de novembre. La délégation russe sera dirigée par Maxime Orechkine, chef adjoint de l’administration présidentielle. Maxime Orechkine est un responsable moins influent que Lavrov.

Le Kremlin a fermement nié toute tension entre Lavrov et Poutine, ou la possibilité d’un remplacement du ministre. Dmitri Peskov, porte-parole du président, a déclaré :

« Il n’y a pas un iota de vérité dans ces informations »

Dmitri Peskov, porte-parole du Président

et a assuré que Lavrov conserverait son poste de ministre des Affaires étrangères.

Selon Ilan Berman, l’origine de ce possible refroidissement remonte aux négociations menées par Lavrov avec l’administration Donald Trump après la rencontre entre Poutine et Trump en Alaska en août dernier. Ces négociations se sont soldées par un échec, entraînant l’annulation d’une rencontre prévue entre les deux dirigeants à Budapest. Cet échec a, selon l’expert, compromis la stratégie de Poutine, qui visait à maintenir les États-Unis à l’écart du conflit en Ukraine.

Le Kremlin est conscient que si l’administration Trump perd patience envers la Russie et se joint aux efforts européens pour renforcer l’Ukraine, les conséquences pourraient être désastreuses pour Moscou, notamment une possible augmentation de l’aide militaire américaine à Kiev. Ilan Berman souligne également que les États-Unis ont récemment renforcé leur coopération avec leurs alliés européens, en particulier avec les pays situés à proximité de la Russie et soucieux de se protéger d’une éventuelle agression future.

La priorité de Lavrov serait d’empêcher un tel scénario, mais il apparaît de plus en plus clairement qu’il peine à relever ce défi. Il avait auparavant annoncé sa volonté de rencontrer le secrétaire d’État américain Marco Rubio, tout en soulignant que le Kremlin ne renoncerait pas à ses « principales conditions » pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Lavrov a affirmé maintenir des communications régulières avec les États-Unis par téléphone.

Il a également précisé que les « accords » conclus le 15 août en Alaska, approuvés par Poutine et Trump, reposaient sur les exigences formulées par le président russe en juin et sur les propositions de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff.

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