Publié le 17 décembre 2025 à 05h18. Des manifestations agricoles secouent la France face à la stratégie gouvernementale pour endiguer la dermatose nodulaire bovine, une maladie contagieuse qui menace le cheptel.
- Les éleveurs français contestent la politique d’abattage systématique des troupeaux infectés et réclament une approche basée sur la vaccination.
- La colère des agriculteurs s’ajoute à un contexte de difficultés économiques et de contestation des accords commerciaux internationaux.
- Le gouvernement tente de désamorcer la crise en élargissant la zone de vaccination et en promettant un dialogue avec les organisations professionnelles.
La France est le théâtre de vives tensions agricoles liées à la gestion de la dermatose nodulaire bovine, une maladie virale affectant les bovins, les buffles et les bisons. Les autorités sanitaires françaises ont opté pour une politique d’abattage préventif de l’ensemble des troupeaux en cas de détection du virus, afin de limiter la propagation de la maladie et de protéger le cheptel national. Cette mesure, jugée radicale par de nombreux éleveurs, a déclenché des mouvements de protestation à travers le pays.
Les agriculteurs demandent l’adoption d’une stratégie de vaccination massive, estimant que l’abattage systématique est une solution excessive et économiquement désastreuse. Ils sont soutenus dans leur revendication par deux organisations agricoles habituellement antagonistes, la Coordination rurale (droite) et la Confédération paysanne (gauche), témoignant de l’ampleur du mécontentement. La colère des éleveurs ne se limite pas à la question de la dermatose nodulaire. Elle est alimentée par une baisse des revenus, une réglementation jugée trop contraignante, et des inquiétudes concernant le budget 2026.
La maladie est hautement contagieuse et les animaux infectés peuvent ne présenter aucun symptôme pendant une longue période d’incubation. La correspondante de SRF en France, Zoé Geissler, souligne que cette situation est explosive, et que le gouvernement est préoccupé par la rapidité de la propagation des manifestations.
Malgré la fermeté de sa position sur l’abattage systématique, le gouvernement tente d’apaiser la situation. La ministre de l’Agriculture a affirmé qu’elle “comprend et entend les préoccupations des agriculteurs” et a annoncé l’extension de la zone de vaccination. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également insisté sur la nécessité d'”accélérer la vaccination du bétail” et a promis de mobiliser des vétérinaires militaires pour soutenir les efforts.
Le président Emmanuel Macron a également réitéré son opposition à la signature rapide de l’accord du Mercosur, un geste perçu par certains comme une tentative de calmer les agriculteurs français.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit de recevoir les associations agricoles en fin de semaine.
Keystone/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO
