Près de 1 000 personnes ont été interpellées à travers la France ce samedi 25 octobre 2026, au terme de nouvelles manifestations contre la politique d’Emmanuel Macron, marquées par des heurts à Paris, Marseille et Lyon. Le ministère de l’Intérieur a recensé 410 000 manifestants, tandis que la CGT estime leur nombre à près de 800 000.
Tensions et interpellations lors des manifestations à Paris et en région
Les rassemblements de ce samedi ont rassemblé des centaines de milliers de citoyens pour protester contre la vie chère et les conditions dans les établissements scolaires. À Paris, la marche s’est achevée dans la confusion près de la Porte de Vincennes, où des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre. La police a riposté par des tirs de gaz lacrymogène et l’usage de canons à eau pour disperser la foule.
Le ministère de l’Intérieur a dénombré 410 000 manifestants sur l’ensemble du territoire national, dont 110 000 dans la capitale, où le parcours avait été confiné sur les boulevards extérieurs pour éloigner les cortèges du centre. À l’inverse, les syndicats, et notamment la CGT, ont évalué la mobilisation globale à près de 800 000 personnes, dont 250,000 rien qu’à Paris.
Le parquet de Paris a indiqué que 64 personnes avaient été interpellées en lien avec la manifestation parisienne, et que 40 avaient été placées en garde à vue, parmi lesquelles six mineurs. Des heurts similaires ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre à Lyon, Marseille, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Nice et Nantes, où des gaz lacrymogènes ou des canons à eau ont également été employés.
Un dispositif policier massif face à la colère sociale
Pour encadrer ces défilés, les autorités avaient ordonné un déploiement sécuritaire d’envergure, mobilisant environ 70 000 agents. Ce dispositif faisait suite aux violences du week-end précédent, marquées par d’importantes dégradations et des pillages dans plusieurs villes.
Des revendications axées sur l’éducation et le pouvoir d’achat
Les chiffres du ministère de l’Éducation indiquent que les établissements publics du second degré ont perdu 15,4 millions d’heures de cours durant l’année scolaire 2024-2025 en raison de non-remplacements d’enseignants absents, soit 7,5 % du temps d’enseignement programmé.
Les organisations étudiantes et lycéennes réclament notamment la création de 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ainsi que l’abandon de la plateforme d’admission Parcoursup. Leur plateforme revendicative comporte dix points, incluant une aide financière de 200 euros par mois sous forme de revalorisation des bourses et un gel des loyers en résidences universitaires publiques. Cette colère s’inscrit dans un contexte d’inflation persistante, portée par une hausse des prix de l’énergie de 21,3 % sur un an en septembre, menant l’inflation globale à 3,1 % selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

Un climat politique sous tension à l’approche de la présidentielle
Cette contestation met à l’épreuve l’autorité du président Emmanuel Macron à l’approche de la fin de son mandat, alors que le chef de l’État doit quitter ses fonctions au printemps 2027 et que les sondages placent sa popularité au plus bas depuis son accession à la fonction suprême en 2017. L’opposition de droite et d’extrême droite critique vertement la gestion gouvernementale, le Rassemblement national appelant les électeurs à sanctionner l’exécutif lors du scrutin à venir, tandis que Marine Le Pen réunissait les partisans de son parti lors d’un congrès de deux jours à Orléans.
De son côté, la gauche radicale soutient activement le mouvement social. Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a ainsi déclaré que les autorités avaient orchestré un dispositif conçu pour provoquer le chaos.
Alors que des interdictions de manifester ont été prononcées et contestées par les syndicats au nom de la liberté d’expression, les organisateurs du mouvement des gilets jaunes ont appelé déjà à une nouvelle journée de mobilisation fixée au 31 octobre pour défendre le droit de manifester.
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