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La Guyane en épidémie de bronchiolite

La Guyane fait face à une double crise sanitaire en juin 2026, marquée par une épidémie de bronchiolite et une progression fulgurante du chikungunya. Alors que Santé publique France alerte sur la hausse des hospitalisations de nourrissons, l'ARS…

L'offensive vaccinale contre un chikungunya en phase exponentielle

La Guyane fait face à une double crise sanitaire en juin 2026, marquée par une épidémie de bronchiolite et une progression fulgurante du chikungunya. Alors que Santé publique France alerte sur la hausse des hospitalisations de nourrissons, l’ARS déploie une campagne de vaccination d’urgence pour freiner la diffusion du virus.

Le territoire amazonien traverse une période de tension médicale où se superposent des pathologies respiratoires infantiles et des arboviroses. Cette situation impose une réponse coordonnée entre la vaccination ciblée, l’assainissement urbain et la surveillance hospitalière accrue.

L’offensive vaccinale contre un chikungunya en phase exponentielle

La circulation du virus du chikungunya a franchi un seuil critique. Selon Le Figaro Santé, les autorités sanitaires qualifient désormais l’épidémie d’être « en phase exponentielle ». Au 28 mai, Santé publique France a confirmé 513 cas sur le territoire, dont 101 ont nécessité une hospitalisation.

L'offensive vaccinale contre un chikungunya en phase exponentielle
cluster (priority): Le Figaro Santé

Pour contrer cette progression, l’Agence régionale de santé (ARS) de Guyane a commandé 2 500 doses de vaccins. La stratégie repose sur la protection des populations les plus vulnérables, notamment les seniors de plus de 65 ans et les personnes présentant des comorbidités. Deux vaccins, Vimkunya et Ixchiq, sont mis gratuitement à disposition sur prescription médicale.

« Nous disposons déjà de 1.000 doses sur le territoire et en avons commandé 2.500 en tout. L’objectif est d’avoir en permanence 1.000 doses disponibles.

L’administration des doses suit des recommandations strictes de la Haute autorité de santé (HAS). Le vaccin Vimkunya est préconisé pour les plus de 65 ans et les 12-64 ans avec comorbidités. En revanche, l’utilisation d’Ixchiq est plus restrictive, car il ne peut être « proposé qu’aux 18-64 ans et après un examen approfondi des bénéfices et des risques individuels ».

Le Littoral Ouest : épicentre et gîtes larvaires urbains

La répartition géographique du virus est très inégale. Le Littoral Ouest concentre l’essentiel de la charge épidémique, avec « 74% des cas biologiquement homologués » selon Santé publique France, bien qu’une autre estimation mentionne 75 % des cas dans ce secteur. Cette concentration a conduit au déclenchement du niveau « situation d’alerte » du plan ORSEC de lutte contre les arboviroses.

Le Littoral Ouest : épicentre et gîtes larvaires urbains
cluster (priority): Outre-mer La 1ère

For more on this story, see Alors que le chikungunya persiste, la bronchiolite inquiète aussi en Guyane – Outre-mer La 1ère.

Bronchiolite : l’épidémie repart, mais les nouveaux traitements limitent les hospitalisations

L’un des défis majeurs réside dans la lutte anti-vectorielle, particulièrement à Saint-Laurent-du-Maroni. Comme le rapporte Outre-mer La 1ère, les véhicules hors d’usage (VHU) abandonnés sur la voie publique servent de réservoirs à moustiques Aedes aegypti. Ces carcasses accumulent eau stagnante et déchets, créant des habitats idéaux pour les larves et les adultes.

Pour répondre à cette problématique, une nouvelle organisation a été mise en place depuis le 11 mai 2026. L’ARDAG-VHU (Association pour le Recyclage des Déchets de l’Automobile en Guyane) assure désormais la collecte et le transport des épaves vers le centre de traitement local, sans frais pour la mairie. Ce dispositif intervient après un bilan de 1 500 véhicules enlevés sur les dix-huit derniers mois dans la commune.

L’alerte sur la bronchiolite et le virus VRS

Parallèlement à la menace du chikungunya, une crise respiratoire frappe les plus jeunes. FranceGuyane rapporte que Santé publique France a officiellement déclaré la Guyane en épidémie de bronchiolite.

L'alerte sur la bronchiolite et le virus VRS
cluster (priority): news.google.com

Le bilan chiffré souligne la sévérité de l’épisode : 63 cas graves ont été enregistrés depuis le début de l’année, dont 30 depuis la fin du mois d’avril. Parmi ces derniers, 23 étaient infectés par le VRS, tandis que cinq patients présentaient des comorbidités.

L’activité hospitalière reste sous tension, notamment pour les cas de diarrhées qui demeurent élevés sur les trois sites du CHU de Guyane. En revanche, les indicateurs concernant la dengue, le paludisme (quatre cas en quinze jours), le syndrome grippal et le Covid-19 sont actuellement faibles.

Séquelles chroniques et perspectives mondiales

Si le chikungunya est rarement mortel, son impact sur la qualité de vie est majeur. Selon les données relayées par France 24 et la HAS, entre 40 % et 60 % des patients souffrent d’arthralgies chroniques, ovvero des douleurs articulaires persistantes, plus de trois mois après l’infection.

Cette pathologie, surnommée la maladie de « l’homme courbé », s’inscrit dans une tendance mondiale inquiétante. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué qu’en 2025, la maladie a touché un demi-million de personnes dans le monde, dont 300 000 dans les Amériques, provoquant 186 décès.

Pour la Guyane, le souvenir de l’épidémie de 2014 reste un point de référence critique. À l’époque, 20 % de la population avait été touchée, entraînant 500 hospitalisations pour des formes graves. La stratégie actuelle, combinant vaccination et destruction systématique des gîtes larvaires, vise à éviter un scénario similaire.

Note : Ces informations sont fournies à titre informatif. Pour tout conseil médical ou question relative à la vaccination, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.