Publié le 5 novembre 2025 à 20h02. Un conseiller municipal de Dublin n’aura pas à assumer les frais juridiques engagés par une société de recouvrement de créances suite à une action en justice. Le juge Brian Cregan a jugé que la demande de Pepper Finance était excessive.
- Gavin Pepper n’aura pas à payer les frais de justice à Pepper Finance.
- Le juge a critiqué la demande de Pepper Finance, la qualifiant d’« oppressive ».
- L’affaire portait sur des vidéos prises par M. Pepper devant le domicile du directeur général de Pepper Finance.
Le juge Brian Cregan a statué mercredi que Gavin Pepper avait rapidement accepté de ne plus filmer ou se rendre au domicile du personnel de Pepper Finance Corporation (Irlande). Cette décision met fin à une bataille juridique initiée en juillet après que M. Pepper ait publié des vidéos prises devant la résidence d’Ian Wigglesworth, directeur général de la société, sur les réseaux sociaux.
Pepper Finance et M. Wigglesworth avaient initialement obtenu une injonction provisoire interdisant à M. Pepper de s’approcher du domicile de M. Wigglesworth, de le filmer ou de divulguer les adresses personnelles des employés de l’entreprise. L’affaire a ensuite été réglée lorsque M. Pepper a accepté de respecter les conditions imposées par Pepper Finance.
Lors de l’audience de mercredi, Brian Conroy, avocat représentant Pepper Finance, avait plaidé pour que M. Pepper soit condamné à payer les frais de justice. Il a argumenté que le conseiller municipal avait ignoré deux mises en demeure lui demandant de cesser son comportement. Selon M. Conroy, M. Pepper s’était « moqué » de ces avertissements sur les réseaux sociaux.
Le juge Cregan a cependant estimé que la demande de Pepper Finance était disproportionnée. Il a reconnu que M. Wigglesworth avait agi légitimement pour protéger sa famille et que l’injonction avait été accordée en urgence. Toutefois, il a souligné que cela ne justifiait pas automatiquement la condamnation de M. Pepper aux frais de justice.
« M. Pepper est venu au tribunal et a effectivement levé la main », a déclaré le juge Cregan, notant que le conseiller avait respecté les engagements demandés par Pepper Finance. Il a également fait référence à une proposition initiale de M. Pepper de verser 2 500 € à une œuvre caritative, une offre qui avait été acceptée puis retirée par Pepper Finance, comme l’a appris le tribunal.
Interrogé par le juge sur la raison pour laquelle l’affaire était toujours devant le tribunal alors qu’un accord sur les frais semblait possible, M. Conroy n’a pas su répondre. Le juge Cregan a finalement conclu que la demande de Pepper Finance était une tentative d’« écraser » M. Pepper et risquait d’envenimer les relations entre les parties.
M. Pepper, qui s’est défendu seul, avait demandé au juge de ne pas prononcer de dépens, affirmant qu’il n’avait rien fait pour provoquer la procédure. Il a également dénoncé ce qu’il considérait comme des allégations infondées formulées par Pepper Finance, notamment des accusations le qualifiant d’extrême droite et l’impliquant dans des actes de violence.
En fin de compte, le juge Cregan a décidé de ne pas ordonner le paiement des frais de justice dans cette affaire.