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Geert Wilders n’a pas perdu les élections néerlandaises

by Clara Dubois

Publié le 31 octobre 2025 17h53. Les élections législatives aux Pays-Bas, bien que marquées par un recul du parti d’extrême droite de Geert Wilders, révèlent une persistance des préoccupations liées à l’immigration et une transformation profonde du paysage politique néerlandais.

  • Le parti de Geert Wilders a perdu des sièges au Parlement, mais reste une force politique importante.
  • Le parti centriste D66, mené par Rob Jetten, est arrivé en tête du scrutin et devrait former le prochain gouvernement de coalition.
  • Le débat sur l’immigration domine la scène politique néerlandaise, avec des appels à une révision de la Convention de Genève sur les réfugiés.

Les élections législatives aux Pays-Bas, tenues cette semaine, ont confirmé un certain tassement pour Geert Wilders et son parti d’extrême droite. Bien que son parti soit sur le point de perdre 11 sièges, il a frôlé la victoire en termes de voix et pourrait se retrouver avec un nombre de représentants similaire à celui de son principal concurrent. Plus significatif encore, le soutien global aux partis de droite radicale est resté stable, représentant un peu moins d’un tiers de l’électorat.

Malgré ce résultat, Geert Wilders a déjà laissé une empreinte indélébile sur la politique néerlandaise. Pendant deux décennies, il a réussi à imposer l’immigration comme question centrale du débat public, une thématique aujourd’hui reprise par d’autres partis, y compris des formations libérales. L’immigration est désormais au cœur des préoccupations des électeurs néerlandais.

Rob Jetten, dont le parti libéral et pro-européen D66 a obtenu son meilleur score historique, devrait devenir le prochain Premier ministre. Son parti est arrivé en tête du scrutin et devrait mener les négociations pour former un gouvernement de coalition, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.

Durant la campagne, Rob Jetten a plaidé pour une révision de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951, afin de mieux tenir compte des réalités contemporaines. Cette proposition, qui marque un changement notable dans la politique d’un pays traditionnellement favorable au droit d’asile, s’inscrit dans un contexte de durcissement des positions sur l’immigration.

D’autres partis de droite, comme JA21, ont également progressé, augmentant leur nombre de sièges. Le Forum pour la démocratie (FVD), dont JA21 s’est séparé, a également regagné du terrain. Le FVD prône notamment l’expulsion des migrants et de leurs descendants qui ne s’intégreraient pas à la société néerlandaise.

« Il ne suffit pas simplement d’arrêter l’afflux. »

Programme électoral du Forum pour la démocratie (FVD)

Ces positions suscitent des inquiétudes chez certains, comme Ahmed Marcouch, le maire d’Arnhem, d’origine marocaine. Il a été la cible de critiques et de menaces en raison de ses origines et de son engagement politique.

« Même si vous êtes de la troisième ou de la quatrième génération, vous êtes rejeté comme étranger parce que vous êtes musulman ou d’origine marocaine. Les enfants le ressentent. »

Ahmed Marcouch, maire d’Arnhem

Marcouch souligne que, malgré leur intégration, les personnes d’origine étrangère continuent d’être perçues comme des outsiders par certains segments de la population. Il dénonce un message implicite selon lequel, même après avoir contribué à la société néerlandaise, elles ne sont pas pleinement acceptées.

Pour certains, ces discours reflètent une intolérance profonde, où l’intégration ne sera jamais considérée comme suffisante. Les élections néerlandaises confirment ainsi une polarisation croissante de la société autour de la question de l’immigration et de l’identité nationale.

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