Publié le 29 septembre 2023 16h53. George Galloway, ancien député britannique, accuse la police d’avoir procédé à son arrestation à l’aéroport de Gatwick dans le but de fouiller ses appareils électroniques, dénonçant une atteinte à ses libertés fondamentales.
- George Galloway et son épouse ont été interpellés à leur retour d’un voyage Moscou-Dubaï.
- L’ancien parlementaire affirme que les questions posées par les enquêteurs étaient vagues et visaient uniquement à justifier la saisie de son téléphone et de son ordinateur portable.
- Son avocat annonce une action en justice contre les agences impliquées, dénonçant une opération politiquement motivée.
George Galloway, 71 ans, et son épouse Putri Gayatri Pertiwi, ont été arrêtés samedi à l’aéroport de Gatwick après avoir atterri en provenance de Moscou via Dubaï. L’ancien député, connu pour ses positions tranchées, dénonce une opération disproportionnée et motivée par des considérations politiques.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Belfast, M. Galloway a affirmé que les questions posées par les enquêteurs étaient dénuées de substance.
« Aucune question spécifique ne m’a été posée au-delà des réflexions génériques que je crois maintenant n’était qu’un prétexte pour… la saisie de nos appareils pour faire une expédition de pêche. »
George Galloway
Il estime que cette interrogation n’était qu’un prétexte pour accéder aux données contenues dans ses appareils électroniques.
M. Galloway a également exprimé son inquiétude face à une dérive autoritaire au Royaume-Uni, où, selon lui, la liberté d’expression est de plus en plus menacée. « Je n’ai jamais été plus en colère », a-t-il déclaré aux journalistes.
Son épouse, Putri Gayatri Pertiwi, a témoigné de l’impact psychologique de cette arrestation. Elle a décrit une expérience traumatisante, se sentant « jetée dans un trou noir » et affirmant n’avoir ni dormi ni mangé depuis l’incident. La police lui aurait même posé des questions sur un motif de drapeau palestinien peint sur son index.
L’avocat de la famille, Kevin Winters, a dénoncé une « procédure d’interrogatoire effrayante » menée par des policiers armés. Il a souligné l’absence de preuves concrètes justifiant l’arrestation, les questions portant sur des sujets variés tels que la Chine, Gaza et la Russie.
« Sur toute analyse de ces interrogations, rien ne leur avait été mis qui pouvait être décrit à distance comme une preuve d’une « activité hostile ». Nous pouvons dire avec confiance qu’aucune des questions posées n’a rien à voir avec le terrorisme. »
Kevin Winters, avocat
M. Winters a également critiqué la loi de 2019 sur le terrorisme et la sécurité des frontières, qui, selon lui, permet de criminaliser le silence. Il a qualifié l’arrestation de « ruse à peine dissimulée » pour obtenir les téléphones et l’équipement informatique du couple.
Un courrier de pré-contentieux a été envoyé aux agences concernées, supervisées par la police du sud-est chargée de la lutte contre le terrorisme. L’équipe juridique envisage également de demander une enquête pour déterminer si les services de renseignement MI5 ou MI6 étaient impliqués dans cette opération.
La police métropolitaine a confirmé l’arrestation d’un homme dans la soixantaine et d’une femme dans la quarantaine en vertu de la loi de 2019, mais a précisé qu’ils avaient ensuite été libérés sans être inculpés.
