Publié le 16 octobre 2025 11:51:00. Un nouveau phénomène émerge, notamment chez les jeunes : celui des « filles cool », qui préfèrent le silence et l’acquiescement face aux remarques sexistes plutôt que de provoquer une confrontation. Cette attitude, analysée par le Guardian, soulève des questions sur l’évolution des rapports entre les sexes et le poids des pressions sociales.
- Le nombre de jeunes femmes adoptant une attitude passive face aux blagues ou remarques sexistes est en augmentation.
- L’échange récent entre Donald Trump et la Première ministre italienne Giorgia Meloni illustre la complexité de cette dynamique.
- Le silence des hommes face à ces mêmes remarques est également pointé du doigt, révélant un climat misogyne grandissant.
Le phénomène des « filles cool » (chill girls) se répand, de la cour de récréation aux sphères politiques. Ces jeunes femmes, plutôt que de s’opposer ouvertement aux blagues sexistes ou aux remarques dégradantes, choisissent de rester silencieuses, voire de sourire et de faire semblant d’être d’accord. Une stratégie, selon le Guardian, motivée par la peur d’être étiquetées comme « coincées » ou « moralisatrices ». Une lycéenne américaine citée dans l’article explique qu’il est devenu « plus risqué d’être ouvertement progressiste ».
L’échange récent entre l’ancien président américain Donald Trump et la Première ministre italienne Giorgia Meloni en est un exemple frappant. Mme Meloni a été qualifiée de « belle femme » à deux reprises par M. Trump, qui lui a ensuite demandé, avec un sourire, si cela ne la dérangeait pas. L’expression de gêne de la Première ministre italienne a suscité des interrogations : s’agit-il d’une « fille qui cherche à plaire » (pick me girl) ou d’une « fille cool » ? La distinction réside dans l’attitude intérieure. Une « fille qui cherche à plaire » serait ravie d’être ainsi complimentée, tandis qu’une « fille cool » ressentirait de la colère intérieurement, tout en affichant une façade impassible.
L’auteure et féministe Tara-Louise Wittwer décrit la « fille cool » comme une femme qui a été conditionnée à minimiser les choses pour s’intégrer dans une société qui tolère, voire encourage, le sexisme. Elle souligne qu’il est problématique de considérer « Tu n’es pas comme les autres femmes » comme un compliment, car cela implique une dévalorisation des autres femmes. Ce désir de reconnaissance masculine, selon elle, n’est pas seulement un vestige du passé, mais est également alimenté par les rapports de force actuels. Mme Meloni, par exemple, était la seule femme parmi une trentaine de chefs d’État et de gouvernement lors d’un sommet à Charm el-Cheikh.
Mais cette analyse met également en lumière un autre problème : le silence des hommes. Pourquoi ne s’insurgent-ils pas contre les remarques sexistes ou les compliments inappropriés ? Leur silence, tout comme celui des « filles cool », contribue à perpétuer un climat misogyne. Il est essentiel de souligner que cette question ne concerne pas uniquement le comportement des femmes, mais également celui des hommes et leur responsabilité dans la lutte contre le sexisme.
« Une fois de plus, il s’agit de la façon dont les femmes se comportent ou doivent se comporter. »
Tara-Louise Wittwer, auteure et féministe
Selon le Guardian, ce phénomène est également lié à l’influence d’un gouvernement américain jugé ouvertement raciste et sexiste, qui exacerbe les tensions entre les jeunes hommes et les jeunes femmes.
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