Publié le 5 janvier 2026 10:34:00. Après des siècles d’efforts pour une standardisation des mesures, l’engouement pour les montres connectées et le comptage de pas pourrait paradoxalement remettre en question l’unité du mètre, socle de la science et de l’ingénierie.
- L’Europe a finalement réussi à établir une définition commune du mètre, fruit d’un long processus scientifique et politique.
- Un échec retentissant de la NASA en 1999, dû à une incompatibilité des systèmes d’unités, illustre l’importance cruciale de la cohérence métrique.
- La popularité des montres connectées, qui mesurent l’activité physique en nombre de pas, pose un problème de standardisation et repose sur un chiffre marketing datant des années 1960.
La quête d’une mesure universelle de longueur remonte à la Révolution française. Face au chaos des unités locales, souvent basées sur des parties du corps, les scientifiques ont défini le mètre comme le dix-millième d’un quart du méridien terrestre, soit la distance entre le pôle Nord et l’équateur. Cette définition a été affinée en 1983, pour être basée sur la vitesse de la lumière dans le vide (299 792,458 mètres par seconde), une constante naturelle.
L’histoire de la sonde Mars Climate Orbiter (MCO) en est un exemple frappant des conséquences d’un manque de rigueur. Le 23 septembre 1999, la sonde a disparu dans l’ombre de Mars, après un vol trop bas. L’enquête a révélé que les ingénieurs de la NASA utilisaient le système métrique, tandis que le logiciel de navigation de la sonde fonctionnait avec le système impérial anglo-saxon. Cette incompatibilité a entraîné une erreur de trajectoire et la destruction de la sonde, pour un coût total d’environ 586 millions de dollars américains (plus d’un demi-milliard d’euros). Une leçon amère : des unités de mesure cohérentes sont indispensables.
Aujourd’hui, un nouveau défi émerge avec l’essor des dispositifs de suivi d’activité physique. Depuis Noël, les écrans lumineux des montres connectées sont devenus monnaie courante. Les utilisateurs de ces appareils sont souvent animés par un objectif commun : atteindre les 10 000 pas par jour, censés favoriser la santé cardiovasculaire et prévenir diverses maladies. Mais que signifie réellement “10 000 pas” ?
La longueur d’une foulée varie considérablement d’une personne à l’autre, généralement entre 67 et 80 centimètres, ce qui correspond à une distance parcourue de près de sept à huit kilomètres. La mesure est-elle la même pour tous ? Une personne de grande taille effectue-t-elle naturellement des pas plus longs ? Et que dire de ceux qui, peut-être complexés par leur petite taille, ont tendance à faire de grandes enjambées ?
L’utilisation du corps humain comme unité de mesure, à l’heure actuelle, apparaît donc comme un recul. De plus, l’objectif des 10 000 pas est en réalité une stratégie marketing lancée par un fabricant japonais de podomètres dans les années 1960. Des études médicales suggèrent qu’un nombre de pas compris entre 4 500 et 7 500 par jour peut déjà avoir des effets bénéfiques sur la santé. Il appartient à chacun de déterminer son propre rythme.
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