Publié le 16 novembre 2025 à 05:21:00. Une vague de grippe particulièrement virulente, causée par une souche mutée du virus H3N2, frappe actuellement le Royaume-Uni, se distinguant par des symptômes inhabituels tels que des vomissements de bile jaune et une propagation précoce de l’infection.
- Une souche mutée du virus H3N2 provoque une augmentation significative des cas de grippe au Royaume-Uni.
- Les patients présentent des symptômes atypiques, notamment des vomissements de bile jaunâtre.
- Les vaccins actuels offrent une protection limitée contre cette nouvelle variante du virus.
L’automne et l’hiver sont traditionnellement des périodes de forte circulation des virus de la grippe, entraînant une augmentation des infections. Si l’Allemagne n’est pas encore confrontée à une vague importante, la situation est très différente au Royaume-Uni, où une épidémie inhabituellement agressive est en cours, comme le rapporte le Daily Mail.
Des vomissements de bile jaune, symptôme inquiétant de la grippe H3N2
La variante mutée H3N2 se caractérise par une augmentation précoce des cas de grippe. Au-delà des symptômes classiques tels que la forte fièvre, les douleurs musculaires et articulaires, la toux sèche et les frissons, un signe inhabituel se manifeste de plus en plus fréquemment : des vomissements de bile jaunâtre. Les admissions à l’hôpital ont presque doublé en une semaine, passant de 2,4 à 3,8 pour 100 000 habitants, ce qui témoigne de la sévérité des infections à H3N2.
L’épidémie de grippe au Royaume-Uni suscite l’inquiétude
De nombreux patients signalent des vomissements de bile persistants pendant plusieurs jours comme symptôme principal de leur grippe. L’agence de santé britannique UKHSA alerte sur des taux d’infection trois fois supérieurs à la normale pour le mois de novembre, touchant particulièrement les enfants et les jeunes. Ces niveaux d’hospitalisation ne sont habituellement atteints qu’au début du mois de décembre.
Une mutation septuple à l’origine de l’agressivité du virus H3N2
Les scientifiques ont identifié la cause de cette augmentation des vomissements de bile jaune : la souche H3N2 a subi sept modifications génétiques durant l’été, la rendant plus agressive. Selon le Dr Simon Clarke de l’Université de Reading, cité par le Daily Mail :
« Les vomissements de bile se produisent parce que l’estomac est vide. Les mutations affectent l’appétit plus que les souches grippales habituelles, entraînant une perte d’envie de manger et donc un estomac vide. »
Le professeur Paul Hunter de l’université d’East Anglia explique que, lors de vomissements, le corps n’a d’autre choix que d’évacuer la bile à jeun, un phénomène exacerbé par l’inflammation de la muqueuse gastrique. Bien que souvent confondu avec une « grippe intestinale », il s’agit en réalité d’un symptôme de la grippe. Les virologues suspectent que les modifications génétiques du H3N2 ont rendu le virus particulièrement contagieux.
Le professeur Stephen Griffin de l’université de Leeds recommande vivement aux personnes touchées de s’hydrater abondamment : « Buvez beaucoup d’eau, même si vous la rejetez, vous en absorberez une partie. » Outre les vomissements de bile, les patients présentent des douleurs musculaires soudaines, une forte fièvre, une fatigue extrême et une toux sèche, nécessitant généralement un repos au lit.
Vaccination contre les virus mutants : une protection limitée
Les autorités sanitaires britanniques ont lancé une alerte face à l’apparition précoce de la grippe au début du mois de novembre. Depuis septembre, elles encouragent les groupes à risque – personnes de plus de 65 ans, femmes enceintes et personnel médical – à se faire vacciner. Cependant, la décision concernant la composition du vaccin a été prise en février pour permettre la production de millions de doses à temps. Or, la mutation septuple de la souche H3N2 n’est apparue qu’en juin. Les experts soulignent que les vaccins disponibles n’offrent pas une protection complète contre ce nouveau variant. Néanmoins, la vaccination reste importante car elle peut atténuer la gravité de la maladie. Les taux d’infection sont actuellement les plus élevés chez les enfants et les adolescents.
