Deux dirigeants de l’organisation HateAid se voient interdire le territoire américain, une mesure qui révèle les tensions croissantes autour de la régulation des plateformes numériques et de la liberté d’expression en ligne. Cette interdiction, qui rappelle des cas similaires sous l’administration Trump, suscite de vives réactions en Allemagne et en Europe.
Selon Daniel Hodenberg, l’un des directeurs généraux de HateAid, cette décision américaine est une réponse directe aux efforts européens visant à responsabiliser les plateformes en ligne. « Il s’agit ici de puissants intérêts économiques de plateformes pour lesquelles la législation européenne coûte très cher », a-t-il déclaré à la radio Deutschlandfunk le 25 décembre 2025. Il dénonce également une tentative d’intimidation politique, affirmant que le gouvernement américain utilise Internet pour faire pression sur ses opposants.
Sa co-directrice générale, Eva Ballon, a souligné que HateAid ne se laisserait pas intimider par ces mesures, tout en exprimant son inquiétude quant à la possibilité que d’autres organisations subissent des représailles similaires. HateAid fournit une assistance psychologique et juridique aux victimes de discrimination, d’insultes, de menaces et d’agressions en ligne.
L’administration Trump avait déjà imposé des interdictions d’entrée à plusieurs Européens, officiellement en raison de leurs positions sur la censure des plateformes américaines. Ces actions avaient alors provoqué une forte indignation en Allemagne et dans l’Union européenne.
Plusieurs figures politiques allemandes ont réagi à cette nouvelle interdiction. Johann Kiesewetter, de la CDU, a demandé la convocation de l’ambassadeur américain, une demande relayée par le vice-président du Bundestag, Anton Hofreiter (Verts). Daniel Hodenberg a été décoré de l’Ordre fédéral du mérite en octobre dernier pour son engagement.
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