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Harcèlement lesbophobe : Christine Paccoud, veuve de Caroline Grandjean, porte plainte contre l’Éducation nationale

by Amélie Bernard

Publié le 14 novembre 2025. La veuve de Caroline Grandjean, directrice d’école du Cantal décédée en septembre dernier après avoir subi un harcèlement homophobe, a porté plainte contre l’Éducation nationale et la mairie de sa commune, estimant que les institutions n’ont pas suffisamment agi pour protéger sa femme.

  • Christine Paccoud, l’épouse de la victime, dépose plainte pour harcèlement contre l’Éducation nationale et la mairie de Moussages.
  • Caroline Grandjean, 42 ans, s’est suicidée le 1er septembre 2025, après des mois de menaces et d’insultes liées à son homosexualité.
  • Une enquête préliminaire avait été classée sans suite en mars 2025, faute d’identification des auteurs.

C’est un nouveau chapitre douloureux dans l’affaire Caroline Grandjean. Sa veuve, Christine Paccoud, a déposé ce mercredi 12 novembre 2025 une plainte contre l’Éducation nationale et le maire de Moussages, dans le Cantal, pour harcèlement. Caroline Grandjean, directrice d’école, s’était donnée la mort le jour de la rentrée scolaire, le 1er septembre 2025, mettant fin à des mois de souffrances.

Depuis la fin 2023, la victime était la cible de menaces et d’insultes homophobes. Des tags lesbophobes avaient été découverts sur les murs de son école et elle recevait des courriers anonymes à caractère injurieux. Malgré ses signalements répétés auprès de sa hiérarchie et des parents d’élèves, Caroline Grandjean avait le sentiment de ne pas obtenir le soutien nécessaire pour faire cesser ces agissements.

Une enquête judiciaire avait été ouverte par le parquet d’Aurillac, mais elle a été classée sans suite en mars 2025, les enquêteurs n’ayant pu identifier les auteurs des harcèlements. Placée en arrêt maladie, Caroline Grandjean avait vu une mutation vers un autre établissement lui être proposée, mais elle n’avait pas pu reprendre ses fonctions. Suite au drame, le ministère de l’Éducation nationale avait lancé une enquête administrative et mis en place une cellule d’écoute pour les personnels.

Dans les écrits laissés avant son décès, Caroline Grandjean exprimait un profond sentiment d’abandon et décrivait un « acharnement ». Sa veuve, déterminée à ce que la vérité soit établie, souhaite que sa femme soit reconnue comme victime et que les responsabilités institutionnelles soient examinées. « Nous voulons comprendre pourquoi les alertes n’ont pas été prises au sérieux et pourquoi Caroline s’est sentie seule face à cette situation », a déclaré l’avocat de Mme Paccoud, qui a annoncé la préparation de « d’autres procédures ».

Cette affaire relance le débat sur la lutte contre l’homophobie dans l’Éducation nationale et sur la protection des personnels confrontés à des situations de harcèlement.

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