Washington – Des accusations graves mettent en cause le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, soupçonné d’avoir ordonné à l’armée américaine de neutraliser tous les occupants d’un navire suspecté de trafic de drogue en mer des Caraïbes en septembre dernier. L’affaire soulève des questions juridiques et éthiques quant à la légalité de telles opérations.
Selon des informations rapportées par le Washington Post, la première frappe aérienne, le 2 septembre, avait laissé deux survivants accrochés aux débris du navire. Des sources affirment que l’amiral Mitch Bradley, à la tête du Commandement des opérations spéciales (SOCOM), aurait ensuite donné l’ordre d’une seconde frappe, sur instruction de Pete Hegseth, afin d’éliminer ces survivants et d’empêcher toute possibilité de récupération de la cargaison par d’autres trafiquants.
À ce stade, les raisons pour lesquelles l’amiral Bradley n’aurait pas ordonné la récupération des survivants lors de la première frappe restent inconnues. L’armée a par la suite procédé à une autre opération, récupérant deux survivants par hélicoptère et les rapatriant en Équateur et en Colombie. Certains experts juridiques estiment qu’ils auraient pu être poursuivis pour trafic de stupéfiants devant un tribunal fédéral.
Le SOCOM s’est refusé à tout commentaire concernant ces allégations. Un porte-parole du Pentagone a déclaré vendredi : « Le ministère n’a pas de réponse à cet article et refuse de commenter davantage. »
Une source proche de l’incident du 2 septembre a confirmé à ABC News qu’il y avait bien eu des survivants après la première frappe, et que ces derniers ont été tués lors des frappes suivantes. Cependant, ABC News n’a pas pu corroborer les détails des ordres donnés par Pete Hegseth et l’amiral Bradley.
Les critiques de l’administration Trump et certains juristes contestent la légalité de ces frappes. Ils soulignent que les Conventions de Genève stipulent que les combattants blessés ou malades doivent être recueillis et soignés par les parties en conflit.
Plus de 20 frappes aériennes ont été menées contre des navires dans les Caraïbes et le Pacifique oriental, causant la mort de plus de 80 personnes. L’administration Trump justifie ces opérations en affirmant que les renseignements américains prouvent que ces navires étaient impliqués dans le trafic de drogue. Elle soutient que ces frappes sont légales, car Donald Trump a désigné les cartels de la drogue comme des « organisations terroristes étrangères ».
De nombreux experts juridiques rejettent cet argument, le qualifiant de sans précédent. Ils estiment que la lutte contre le trafic de drogue relève de la compétence des forces de l’ordre, et non de l’armée, qui devrait se concentrer sur la saisie des cargaisons et l’arrestation des suspects.