La perspective d’une motion de censure plane déjà sur le futur gouvernement, avant même la nomination du Premier ministre, a alerté le président du groupe Union centriste au Sénat. La tension est particulièrement vive autour du budget et de la réforme des retraites.
Intervenant sur Radio J, le sénateur a estimé que le gouvernement pourrait être fragilisé « peut-être même cette semaine, après la déclaration de politique générale ». Il pointe du doigt la position du Parti socialiste (PS), qui conditionne son soutien à la suspension de la réforme des retraites de 2023, sous peine de voter une motion de censure.
Selon lui, le Premier ministre se retrouve dans une situation délicate : « le partenaire obligé du parti socialiste ». Il a souligné l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale, ce qui, selon lui, oblige à des compromis avec les socialistes si une alliance avec le Rassemblement national est exclue. « Personne n’a la majorité et donc, si vous ne voulez pas travailler – ce qui a été décidé il y a longtemps – avec le Rassemblement national, vous êtes bien obligé de trouver des compromis avec les socialistes », a-t-il expliqué.
Cependant, le groupe Union centriste affiche une position ferme : « la réponse est non ». Le sénateur a insisté sur le fait qu’il n’y aura pas de retour en arrière sur la réforme des retraites, tout en laissant la porte ouverte à des discussions et à des ajustements basés sur les conclusions du dialogue social qui s’est tenu au premier semestre. « On peut discuter, trouver des compromis » a-t-il précisé.
Le sénateur a également exprimé son irritation face aux tentatives du PS d’influencer le processus budgétaire : « Le PS, il faut qu’il lise la Constitution, ce sont les parlementaires qui votent le budget », s’est-il emporté. « Ce n’est pas comme ça, dans un bureau, que ça se décide, que ce soit à l’Élysée ou ailleurs, autour d’une tasse de café ! » Il a réaffirmé que le PS « ne peut pas dicter le budget », tout en reconnaissant que « ça va finir mal ».