L’arrivée de janvier est souvent synonyme de moral en berne et d’une image de soi moins flatteuse : la « winter uglies » ou « blues hivernaux », comme la surnomme la génération Z, est un phénomène de plus en plus documenté sur les réseaux sociaux.
Ce sentiment de déclin esthétique et émotionnel, exacerbé par le manque de lumière et de vitamine D, est tout à fait normal, explique la Dre Sarah Boss, directrice clinique de la clinique Balance Rehab, spécialisée dans la santé mentale. « Lorsque l’on parle de ‘winter uglies’, les gens décrivent généralement un mélange de mal-être interne et de perception négative de leur apparence physique pendant les mois d’hiver », précise-t-elle.
Plusieurs facteurs entrent en jeu. La réduction de l’exposition au soleil entraîne une baisse du taux de vitamine D, essentielle à la régulation de l’humeur, au niveau d’énergie et à la santé de la peau. Le rythme circadien est également perturbé par le manque de lumière naturelle, surtout pour ceux qui travaillent à l’intérieur et sont peu exposés au soleil. « L’exposition à la lumière, en particulier le matin, est cruciale pour réguler notre rythme circadien. Beaucoup de gens vont travailler quand il fait encore sombre et rentrent chez eux quand il fait sombre. Cette grisaille constante peut affecter notre état interne, ce qui façonne ensuite notre perception de nous-mêmes », explique la Dre Boss.
Les comportements hivernaux contribuent également à ce sentiment. Les vêtements plus couvrants, le manque de contact avec la peau, la diminution de l’activité physique et l’augmentation du temps passé devant les écrans favorisent l’isolement et la baisse de moral. « Lorsque nous ne nous sentons pas bien intérieurement, il est naturel que notre image de soi en soit affectée », souligne l’experte.
Que faire pour contrer ces effets ? La Dre Boss insiste sur l’importance d’adopter des habitudes intentionnelles pour s’adapter à la saison. « L’objectif en hiver n’est pas de forcer une énergie estivale, mais de travailler avec la saison de manière intentionnelle. De petits changements comportementaux peuvent avoir un impact énorme sur notre santé mentale pendant les mois d’hiver ». Elle recommande de s’exposer à la lumière naturelle dès le matin, même par temps gris, de rester actif grâce à des activités douces comme la marche, le yoga ou le stretching, et de maintenir un lien social en planifiant des rencontres avec ses proches.
Le bien-être personnel est également essentiel. Créer des rituels réconfortants, comme allumer des bougies, prendre un bain chaud ou boire une tisane, peut aider à réguler le système nerveux et à rendre les mois d’hiver plus agréables. « Rappelez-vous que rien ne va pas avec vous et que vous n’êtes pas vos pensées. L’hiver est véritablement plus difficile pour beaucoup de gens. Vous réagissez aux changements environnementaux. C’est temporaire, et il existe des moyens de contrer les effets et de changer de perspective », conseille la Dre Boss.
Enfin, il est important de soutenir son état interne en veillant à un apport suffisant en vitamine D, vitamine C, magnésium et probiotiques, en adaptant ces compléments à ses besoins individuels.